Butembo : le REDHO s’alarme du manque de centres de rééducation pour enfants
L’absence d’un établissement de garde pour rééducation de l’enfant en ville de Butembo inquiète au plus haut niveau les défenseurs des droits de l’homme. Dans un communiqué de presse publié le 12 avril 2026 à l’occasion de la Journée internationale de protection des enfants de la rue, le REDHO, mentionne qu’en 2025, le tribunal de paix de Butembo a jugé moins de dossiers impliquant les enfants dans différents manquements.
Maître Muhindo Wasivinywa, coordonnateur, de cette structure de défense des droits humains que nous avons rencontrée ce mardi 14 avril 2026, explique que le tribunal de paix de la ville de Beni a traité plus de 90 % des dossiers. Pour lui, c’est parce que la ville de Beni a déjà un établissement de garde pour l’éducation de l’enfant.
“Le tribunal pour enfants de Butembo a des problèmes. Par exemple, pour les 42 dossiers arrêtés au tribunal pour l’année 2025, seulement 3 dossiers ont eu des jugements. Tous les autres dossiers n’ont pas eu de jugement puisque les enfants ont fui. On ne sait pas retrouver ces enfants. Mais tout ça, ce sont des problèmes. Contrairement au tribunal pour enfants de Beni, qui a réceptionné 328 dossiers, au moins 298 ont connu des jugements. À terme de pourcentage, vous allez trouver qu’à Butembo, c’est seulement 7 % des dossiers qui ont connu des jugements. Contrairement au tribunal pour enfants de Beni, c’est 82,85 % des dossiers qui ont connu des décisions. À Lubero, avec la guerre, pour l’année 2025, 9 dossiers des enfants et 6 dossiers ont connu des jugements ou des décisions”, a-t-il déclaré.
C’est à ce niveau que le coordonnateur du REDHO plaide pour la construction d’un établissement de garde pour l’éducation de l’enfant pour permettre au Tripaix de Butembo de siéger et de juger avec fluidité les dossiers impliquant les enfants.
“Tout enfant qui commet un mal ou un manquement, une fois qu’on l’amène devant le tribunal pour enfants, ou le tribunal de paix de Butembo qui fait office de tribunal pour enfants, il manque où le placer. Quand il constitue, il y a parfois les affaires sociales, qu’il y a des familles qui aident quelquefois à encadrer ces enfants, mais souvent les enfants qui se reprochent de quelque chose, ils font tout pour esquiver dans les familles où on les a placés. Maintenant, la préoccupation majeure est que Butembo pouvait aussi avoir un établissement de garde pour la rééducation des enfants. Pourquoi ? D’abord, pour permettre à tous ces enfants qui commettent des manquements d’être rééduqués, mais aussi ça facilite aux juges d’enfants de prendre des décisions dans les dossiers des enfants. D’ailleurs, pour l’année 2024 et 2025, nous avons eu à perdre 4 enfants”, a-t-il plaidé.
Depuis le début des hostilités entre les rebelles du M23 et le FARDC dans l’Est de la RDC, le nombre d’enfants de la rue a augmenté sensiblement en ville de Butembo. Ces enfants ne cessent de commettre des manquements comme le vol, le viol, l’agression, l’extorsion des biens, voire la consommation des stupéfiants.
Kakule Kilumbiro