Lubero : journée sans taxi contre l’insécurité 

La société civile, forces vives de la commune de Lubero, chef-lieu du territoire de Lubero, décide de faire de ce mardi 5 mai 2026, une deuxième journée de colère face à l’insécurité, du moins sans taxi. Une façon pour la structure citoyenne de dénoncer les infractions dans lesquelles trempent les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP/Wazalendu), singulièrement le récent meurtre de deux civils, habitants de Mulo, par des hommes supposés être des Wazalendu. 

Bien plus, par ces journées sans activités, la société civile de Lubero-centre réclame le départ de l’administrateur militaire du territoire de Lubero et invite à rencontrer le gouverneur militaire du Nord-Kivu afin d’étudier avec lui les voies et moyens de sortir de la crise sécuritaire orchestrée par les Wazalendu. 

Et, ce avant l’enterrement de Kakule Saanane Love, taximan, et Katungu Sivahikyako Espérance, dont les corps ont été rencontrés sous le sol dans le camp des Wazalendu à Kimbulu-Musienene, dans le groupement Luongo, le dimanche 3 mai. Ces résolutions ont été prises à l’issue d’une rencontre extraordinaire tenue le lundi 04 Mai 2026 pour passer en revue la situation sécuritaire de Lubero-centre et environs. 

La déclaration finale de cette réunion fait mention d’un regret de constater « le silence coupable » de l’autorité territoriale et de son conseiller en matière de sécurité face aux alertes sur les menaces sécuritaires. Les forces vives de Lubero-centre se disent être choquées de ne pas percevoir l’application des mesures sécuritaires prises à Butembo à l’issue du Conseil de sécurité provincial qu’avait présidé le gouverneur le 8 janvier 2026. 

C’est pourquoi, la structure citoyenne du Chef-lieu du territoire émet certains plaidoyers avec attente, dans l’urgence, des réponses y relatives.  Elle plaide pour l’interdiction des activités humaines sur la colline Mukove de Kimbulu où, selon elle, des fosses communes ont été découvertes, craignant aussi la possibilité de la présence des engins explosifs pouvant être abandonnés par les Wazalendu fuyards. 

Elles demandent, par ailleurs, à l’auditorat militaire de garnison de Butembo de diligenter des enquêtes sur ce double meurtre et d’organiser des audiences foraines devant déboucher sur la justice en faveur des victimes. Ne voulant plus des Wazalendu dans la communauté, mais sur les lignes de front, les forces vives de Lubero-centre appellent les autorités à prendre en charge les funérailles du taximan Kakule Saanane Love et de sa cliente Katungu Sivahikyako Espérance. Mais cela sous ces conditions : « le départ de l’administrateur de Lubero et le tête-à-tête avec l’autorité provinciale à Lubero-centre ». 

Il convient de noter par ailleurs que le Réseau pour les taximen du Congo (RETAC) a contresigné la déclaration contenant toutes ces recommandations. 

Patrick Kalungwana

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