Butembo : le prix des matériels de prévention contre Ebola en hausse dans des pharmacies
Déclarée dans la partie orientale de la République démocratique du Congo, la maladie à virus Ebola enregistre déjà des répercussions sur la vie socio-économique. À Butembo, par exemple, les prix de certains matériels et produits de prévention contre les maladies hydriques ont haussé dans les pharmacies.
Cache-nez, lavabos, masques, gants et désinfectants coûtent désormais beaucoup plus cher qu’à l’accoutumée sur les marchés. Radio Moto Butembo-Beni est descendue ce mardi 19 mai 2026 sur les avenues de l’Église et Kighombwe où s’effectue la commercialisation de cette catégorie de produits pharmaceutiques.
Sur le marché, le prix n’est pas statique. Par exemple une boîte de cache-nez qui variait entre 2 et 2,5 dollars américains se négocie maintenant à 3,5, 4, voire 5 dollars américains. Une boîte de gants propres qui coûtait 3 dollars revient à 4 dollars. Les gants chirurgicaux n’ont pas galopé. Mais le désinfectant se vend selon la quantité.
Les tenanciers des pharmacies à Butembo justifient ce changement brusque du prix par la loi de la demande qui a augmenté par rapport à la loi de l’offre. Et cela fait suite à la réapparition d’Ebola en Ituri. Les matériels de prévention sont devenus rares dans les officines pharmaceutiques de Butembo. Ces derniers disent qu’avant que cette maladie ne soit découverte, seuls les hôpitaux se ravitaillaient de ces kits hygiéniques.
“(I) Nous avons constaté une augmentation de la demande de ces produits, notamment le cache-nez et les gels alcooliques. Quand on a annoncé que la maladie était apparue à Mungbwalu, subitement nous avons constaté une augmentation de la demande de ces produits. Les prix n’étaient pas tellement chers, puisque chacun a sa manière de fixer son prix, selon qu’il s’est ravitaillé. (II) La crainte est que, quand ces gens-là prennent nos produits, nous manquons où nous approvisionner. Comme à Butembo, on s’approvisionne dans des pays éloignés, par exemple à Nairobi, en Ouganda, au Rwanda… Alors, quand on va fermer les barrières, nous allons manquer où nous approvisionner. Raison pour laquelle nous avons été amenés à hausser les prix de ces produits en question », ont-ils fait savoir.
À la même occasion, RADIOMOTO.NET a rencontré une enseignante, Kavira Kamate du Complexe scolaire (CS) La Divinité, qui venait d’acheter deux lavabos pour son école. Elle s’étonne qu’un lavabo de 10 000 FC s’obtienne désormais à 12 000 Francs congolais.
« J’ai acheté le lavabo à 12 000 francs congolais. Auparavant, on achetait à 10 000 francs. Je vais les installer à la porte de la clôture de l’école pour laver les mains. Avant d’entrer, il faut se laver les mains pour se protéger. Nous demandons à la population de se protéger pour éviter cette maladie », a-t-elle confié.
Entre fermeture des frontières et rareté des produits préventifs contre Ebola, il y a une crainte des pharmaciens de Butembo qui redoutent la carence de ces produits dans la communauté. Plus de 100 morts liées au virus et 395 cas suspects sont déjà recensés en République démocratique du Congo, depuis l’avènement de la 17ᵉ épidémie d’Ebola. Le 16 mai, l’Organisation mondiale de la santé a déclaré une « urgence de santé publique de portée internationale relativement à cette maladie.
Georges Lomba, Stagiaire académique