Butembo-Beni : Mgr Sikuli interpelle Kinshasa face à l’insécurité grandissante dans son diocèse
L’évêque de Butembo-Beni déplore la détérioration de la situation sécuritaire qui sévit à travers son diocèse. Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech s’est exprimé dans un message intitulé : « Nous voulons d’abord la paix ». Dans ce document rendu public le samedi 6 juin 2026, l’ordinaire du lieu, qui peint un tableau sombre de la situation sécuritaire de son entité pastorale, interpelle les gouvernants et les gouvernés.
Pour Monseigneur Sikuli Paluku, le diocèse de Butembo-Beni est menacé par l’insécurité d’une part dans sa zone pastorale Sud occupée par le M23-AFC et de l’autre côté dans la zone pastorale Nord, une partie secouée par les présumés rebelles de l’ADF qui massacrent du jour le jour la paisible population.
Pour preuve, le document de l’évêque revient sur les massacres de présumés rebelles de l’ADF rapportés en début de cette semaine qui s’achève en territoire de Beni. Ces attaques se sont soldées par la mort de plus de 30 civils aux côtés d’autres dégâts. À cela s’ajoute la criminalité urbaine qui rend de plus en plus difficile la vie de la population, poursuit le pasteur de Butembo-Beni.
“En même temps que nous déplorons les massacres répétitifs de la population, nous observons la montée du banditisme urbain et périurbain à Butembo et à Beni, l’instabilité persistante dans les zones rurales, le dysfonctionnement dans les écoles et dans les structures sanitaires. Dans les zones rurales, les habitants, qui sont agriculteurs et éleveurs pour la plupart, ont du mal à pratiquer leurs activités vitales », a-t-il déploré.
Ce qui préoccupe au plus haut niveau l’évêque de Butembo-Beni est le fait de voir la population dans cette crise permanente alors que ceux qui devraient y remédier sont concentrés sur les débats autour du changement de la constitution. Monseigneur Sikuli rappelle que l’homme créé à l’image de Dieu est destiné au bonheur. C’est ici qu’il appelle les décideurs ainsi que les acteurs politiques à œuvrer pour le bien-être du peuple.
« Face aux risques que le pays court, nous demandons au président de la République et chef de l’État de ne pas oublier que la finalité du pouvoir, c’est d’abord le service du peuple. Aux honorables députés et sénateurs, de ne pas être complices des malheurs de leurs frères et sœurs. Aux forces de défense et de sécurité, de se remettre en question en vue de l’efficacité de leur mission, de défendre l’intégrité du territoire, de sécuriser les personnes et leurs biens. Au peuple congolais, de garder dans tous les cas une conscience morale éveillée afin de ne pas tomber dans les manipulations politiciennes”, a-t-il insisté.
En conclusion, le diocèse de Butembo-Beni présente les condoléances chrétiennes aux familles victimes de toutes sortes d’atrocités à travers le diocèse et partout ailleurs.
Joëlle Mwengevalwahi