RDC : le gouvernement met en place un fonds de soutien et de développement des FARDC 

Alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante dans l’Est de la République démocratique du Congo, le gouvernement met progressivement en place un nouvel instrument destiné à soutenir durablement les Forces armées de la République démocratique du Congo, FARDC. Il s’agit du Fonds de soutien et de développement des FARDC (FSD-FARDC), créé pour accompagner le financement de la programmation militaire à travers des ressources spécifiquement affectées. 

Ce fonds consacré à la programmation militaire est édicté par l’ordonnance-loi nᵒ 22/019 du 18 juillet 2022. Le chef de l’État a posé les bases juridiques de cette réforme, en s’appuyant notamment sur l’article 62 de la loi relative aux finances publiques nᵒ 11/011 du 13 juillet 2012. La loi de finances 2024 nᵒ 23/056 du 10 décembre 2023 a ensuite créé un compte d’affectation spéciale dénommé Fonds de Soutien et de Développement des FARDC, FSD-FARDC, rapporte habarirdc.net. 

Placée sous la tutelle du ministère de la Défense, cette structure est dotée d’une autonomie administrative et financière. Selon les textes, cités par le média en ligne, la structure est chargée de soutenir la montée en puissance des FARDC prévue par la loi de programmation militaire, notamment à travers le financement des équipements, de la formation et de la logistique. L’objectif est de compléter les ressources du budget ordinaire par des financements spécifiques. 

En attendant la nomination des responsables du Fonds par ordonnance présidentielle, le vice-Premier ministre en charge de la Défense nationale et des Anciens combattants a pris une première mesure. 

Habarirdc.net poursuit que le 3 juillet 2026, il a signé l’arrêté instituant la Commission technique de coordination du FSD-FARDC. Le FSD-FARDC sera alimenté par plusieurs sources de financement. Dans le cadre de « l’effort de guerre », l’État, les provinces, le secteur privé, les partenaires ainsi que les citoyens pourront être mis à contribution. Le Fonds est également habilité à percevoir des quotités sur certaines recettes publiques liées à la défense. 

À travers cette réforme, les pouvoirs publics entendent mettre en place un mécanisme de financement plus prévisible, en complément du budget ordinaire, dans un contexte marqué par la persistance des défis sécuritaires à l’Est du pays. 

La mise en place de ce fonds soulève également des exigences en matière de gouvernance. Les questions liées à la collecte des ressources, à leur affectation et à leur contrôle seront déterminantes. La publication régulière de rapports ainsi que les audits des organes de contrôle apparaîtront comme des éléments essentiels pour renforcer la confiance autour de ce nouvel instrument. 

Au-delà de son objectif de soutenir la programmation militaire, le FSD-FARDC ouvre aussi un chantier en matière de gestion publique. Son efficacité dépendra autant de sa capacité à mobiliser des ressources que de la transparence avec laquelle elles seront administrées, conclut habarirdc.net.

Patrick Kalungwana

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