Bashu : des agriculteurs rejettent le « diktat » de l’ICCN sur les limites du PNVi et appellent le gouverneur à l’aide
La tension monte d’un cran dans la chefferie des Bashu, en territoire de Beni au Nord-Kivu. Les agriculteurs locaux s’insurgent ouvertement contre ce qu’ils qualifient de tentative de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) d’« imposer unilatéralement » un nouveau rapport sur les limites du Parc national des Virunga (PNVi). Face à une impasse totale, les représentants des cultivateurs se tournent désormais vers l’autorité provinciale pour éviter un embrasement. Ce qui fait un échec au dialogue qui avait été amorcé à Beni pour pallier le différend entre les parties au sujet des limites du parc.
Mardi 7 juillet 2026, une réunion de clarification s’est tenue à Beni entre la direction du PNVi et les membres de la coopérative agricole « Mukulima na Haki Yake ». L’objectif affiché par les gestionnaires du parc était d’échanger sur les défis de la conservation de la nature et de baliser la voie pour l’application d’un rapport sur les limites de cette aire protégée.
Cependant, sur le terrain, la pilule ne passe pas. Pour le comité des agriculteurs du Graben, côté Bashu, l’ICCN tente de faire passer par force des tracés qui menacent directement leurs terres ancestrales et leurs espaces de survie, sans tenir compte des réalités locales. Conséquence, aucun consensus trouvé.
Les délégués des agriculteurs sont catégoriques : l’échange de Beni n’a débouché sur aucun accord. Ils dénoncent une démarche précipitée de l’ICCN qui prévoit d’imposer ces limites « très bientôt », au mépris des revendications des communautés riveraines qui exploitent ces terres depuis des décennies.
« On ne peut pas protéger la nature en affamant les populations. Aucun consensus n’a été trouvé jusqu’à présent. L’ICCN veut nous imposer des limites qui vont asphyxier l’économie agricole de Bashu », confie le comité de cultivateurs du Graben dans une déclaration rendue publique ce dimanche, 12 juillet 2026.
Devant le risque de voir la situation dégénérer en conflits ouverts entre éco-gardes et cultivateurs, le comité des agriculteurs du Graben/Bashu lance un SOS au gouverneur de la province du Nord-Kivu.
Les paysans demandent une intervention d’urgence de l’autorité provinciale pour arbitrer ce différend et exiger un moratoire sur toute décision de l’ICCN tant qu’un dialogue franc, inclusif et consensuel n’aura pas été mené. Pour les habitants de Bashu, seule une médiation politique de haut niveau permettra de concilier la conservation des Virunga et les droits vitaux des communautés locales.
La Rédaction