La zone de santé de Katwa identifiée comme l’épicentre d’Ebola au Nord-Kivu (Dr Mukoko Kambale)

La population a intérêt à adhérer à la riposte contre Ebola pour couper complètement la chaine de transmission et ainsi mettre fin à la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola. C’est ce que conseille le docteur Mukoko Kambale, médecin-chef de zone de santé de Katwa. En effet, cette zone constitue aujourd’hui l’épicentre de la maladie en province du Nord-Kivu. 

Il était devant la presse ce lundi 7 septembre 2026. Le docteur Mukoko Kambale a avant tout donné la situation épidémiologique de la zone. Il a déclaré que toutes les vingt et une aires de santé de la zone sont touchées. La zone cumule jusqu’au dimanche 6 septembre 415 cas confirmés avec 295 décès. D’où un taux de létalité de 71% pour le trois mois. 

Pendant ce temps, durant les 21 derniers jours, la zone a enregistré 138 nouveaux cas, dont 97 décès. Les deux aires de santé qui notifient plus de cas sont Vungi et Masuli, qui hébergent respectivement les hôpitaux de référence secondaire de Matanda et général de référence de Katwa, qui reçoivent plusieurs patients venant de plusieurs coins, a dit le MCZ. À l’en croire, la riposte contre la maladie dépendra du comportement de la population.

« Pour le moment, parmi les zones de santé affectées dans six provinces touchées, la zone de santé de Katwa, c’est la première avec un taux de létalité très élevé. Et nous pensons que cela, c’est à cause de nos comportements. C’est-à-dire que les gens n’adhèrent pas aux activités de la riposte. Et si les gens adhèrent, facilement, on peut renverser la tendance. Les malades arrivent toujours en retard au niveau du CTE. Et quand ils arrivent en retard, c’est difficile de les récupérer », a-t-il révélé. 

À la question de savoir comment se fait le suivi des contacts, le docteur Mukoko a signalé une difficulté. Plusieurs familles ne donnent plus leurs vraies adresses. Ce qui, même quand le résultat peut venir à temps, fait que les équipes médicales ont du mal à faire parvenir ces résultats aux familles concernées, a-t-il déploré. Cela compromet le listage et le suivi des contacts de cas confirmés. Sinon la ville de Butembo a déjà deux laboratoires mobiles fonctionnels dans ce sens.

« Nous recevons actuellement les résultats à temps, mais nous avons une difficulté. Quand les gens amènent les corps à la morgue, souvent, ils ne donnent pas l’adresse complète. Et quand nous voulons leur faire parvenir les résultats et faire d’autres actions autour de ce cas-là, nous ne savons pas d’où est venue réellement cette personne-là. Et si les résultats parviennent à la famille avec retard, ça c’est parmi les causes. L’autre chose, il y a la résistance. On peut bien communiquer avec la famille, dire que le cas est positif, mais la famille ne l’accepte pas. Et dans ces cas, ils ne savent pas se communiquer entre eux. Ils vont accepter après, alors que le deuil a déjà été faite », a-t-il déploré. 

Il a rassuré que les soignants ainsi que les relais communautaires font de leur mieux pour mobiliser la population contre cette maladie. Une occasion d’appeler les habitants au respect des mesures barrières et à la vigilance en orientant tous ceux qui présentent les signes similaires à ceux de la maladie vers les établissements de soins. 

Stanley Muhindo

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