Beni : à Oicha, l’hôpital général peine à travailler suite à l’insolvabilité de nombreux patients – Reportage

Un bâtiment de l'Hôpital général de référence (HGR) d'Oicha, Chef-lieu du territoire de Beni. @ Samy Kitha

L’Hôpital général de référence (HGR) d’Oicha en territoire de Beni (Nord-Kivu) peine à travailler suite à l’insolvabilité de nombreux patients. Le médecin directeur de cette structure sanitaire qui fait l’alerte, accuse l’insécurité à la base de cette situation. Ce qui, dit-il, occasionne plusieurs cas d’évasion de malades.

À l’Hôpital général de référence (HGR) d’Oicha, le problème d’insolvabilité des patients est une réalité. Le vendredi 13 octobre 2023, nous avons rencontré certaines femmes allaitantes à la maternité d’Oicha. Ici, tout comme dans d’autres services de cette structure sanitaire, plusieurs personnes se sentent incapables d’honorer les factures suite à la pauvreté leur imposée, pour la plupart, par l’insécurité dans la région.

Le médecin directeur dudit hôpital explique que « si rien n’est fait dans un futur proche, l’hôpital connaitra un chaos ».

« La gestion de l’hôpital commence à être un casse-tête pour nous qui sommes des gestionnaires. Et dans les jours qui arrivent, l’hôpital risque de courir des difficultés graves en rapport avec son fonctionnement. Sur 100 malades qui viennent solliciter nos services, nous avons presque 70 qui ont la possibilité de payer les soins. Les autres, ils payent difficilement, soit ils ne payent pas », a-t-il regretté.  

À la maternité de cet hôpital, nous rencontrons une femme, déplacée de guerre, qui a préféré garder l’anonymat. Elle a accouché depuis environ deux mois, mais, elle ne sait pas comment rentrer à la maison suite au manque de moyens pour honorer sa facture.

« C’est depuis le 15 août que je suis arrivée ici pour accoucher. Je serai déjà libérée mais je suis bloquée suite au manque d’argent. Nous n’avons plus accès à nos champs où nous cultivions pour avoir de moyens. J’ai accouché par voie basse. Ils m’ont taxé 63$. Si on me vient en aide, je vais m’en réjouir », a-t-elle déclaré.

D’autres patients qui se trouvent dans la même situation commencent à s’évader de l’hôpital.

« Parmi les 15 femmes actuellement en difficultés d’honorer leurs factures à l’hôpital général de référence d’Oicha, 3 se sont déjà évadées avec les enfants », affirme Mamy Kahindo Kaniki, sage-femme et responsable de cette maternité.

La même situation d’évasion des malades est décriée dans d’autres services de cet hôpital. Des malades internés en médecine homme, femme tout comme en pédiatrie se soustraient de cet hôpital sans honorer leurs factures.

Samy Kitha

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