Beni : ce courage de femmes rurales contraintes de renoncer à leurs champs faute de sécurité – Reportage  

Les femmes rurales sont forcées d’abandonner leurs champs faute de sécurité. Mais elles font toujours preuve de courage pour la survie de leur famille. Le dimanche 15 octobre 2023, RADIOMOTO.NET a rencontré deux femmes déplacées de guerre qui se sont déjà intégrées dans la communauté grâce au petit commerce à Oicha. C’était à l’occasion  de la journée mondiale de la femme rurale.

Penina Kahindo, la quarantaine révolue, est une femme rurale et déplacée de guerre. Elle avait fui la guerre à Mambelenga, dans la province de l’Ituri. Elle témoigne avoir vécu des moments difficiles depuis l’attaque de son village où il y avait toute son économie.

Aujourd’hui, elle vit grâce au commerce des produits de première nécessité qu’elle entreprend depuis environs six mois.  Elle parvient à nourrir ses enfants grâce à ce petit commerce.

« Je suis une déplacée de guerre venue de Mambelenga. Je vends des beignets et du haricot. C’est ce commerce qui me donne à manger, parce que je n’ai nulle part où enlever les bois de chauffe. Ça m’aide aussi à acheter du savon, la nourriture, J’ai même acheté les uniformes de mes enfants grâce à ce petit commerce », a-t-elle raconté.

D’autres font le commerce ambulatoire à travers plusieurs quartiers pour vendre les produits agricoles. C’est le cas de Kavira Muvunza Marie qui s’est lancée dans ce commerce après l’attaque de son village en 2022.

Elle commercialise le haricot et la farine de manioc pour subvenir aux besoins de sa famille.

« Je vends ici de la farine de manioc pour subvenir à certains de mes besoins primaires. Nous avons déjà abandonné nos champs. Mais bon, ça se vend progressivement et moi j’y gagne quelque chose qui m’aide à trouver les souliers, et même assurer les besoins de mes enfants », a-t-elle démontré.

Depuis l’avènement des massacres dans la région de Beni, des nombreuses familles ont été contraintes d’abandonner leurs villages pour se mettre à l’abri de l’ennemi. Des hommes, femmes et enfants font de leur mieux pour survivre dans leurs milieux de refuge.

Samy Kitha

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.