Butembo : des enfants se privent du sommeil pour rechercher les sauterelles la nuit, les parents appelés à la responsabilité

Des enfants sont, ce dernier temps, visibles les soirées voire les nuits dans des rues et avenues de Butembo à la recherche de la sauterelle. RADIOMOTO.NET a réalisé ce constat, le jeudi 09 novembre 2023. Ces enfants sont plus visibles dans les endroits où sont installés des projecteurs servant des pièges pour les sauterelles. Le parlement d’enfants Butembo-Lubero appelle les parents à la responsabilité.

Il est 21 heures 25’, nous sommes sur la rue d’ambiance, en ville de Butembo. Ici, nous apercevons un groupe d’enfants. Vêtus en majorité de tricots et jackets, certains tiennent en mains des sachets, d’autres des flacons vides. Ils vont tous chasser les sauterelles.

Cet enfant d’une dizaine d’années est à la tête d’un groupe de dix autres sur la rue depuis 20 heures à la recherche de la sauterelle.  Il se désole que ce jour, la chance ne sourit pas pour lui, la saison n’est pas vraiment fructueuse.

« Nous sommes venus à la recherche des sauterelles,  et voir si elles vont venir ou pas enfin de rentrer à la maison. Nous n’avons rien ramassé, raison pour laquelle nous voulons rentrer à la maison. Dans mon groupe je suis en train de veiller sur mes sœurs et d’autres de mes amis. Les autres sont de l’autre côté à la recherche des sauterelles. Nous avons l’habitude de rentrer à 21 heures. Nous n’avons rien eu. Il n’y a pas de sauterelles, nous rentrons chez nous », s’est-il désolé.

Cet autre jeune enfant, chapeau sur la tête et en culotte, a escaladé la clôture pour rejoindre clandestinement la rue. Il ne compte pas dormir à la maison cette nuit, malgré l’absence de la sauterelle. Auprès du projecteur servant de piège aux sauterelles, il explique que seule l’ambiance de la rue l’intéresse. Le retour à la maison pour lui est prévu à 05 heures du matin.

« Je suis venu pour ramasser les sauterelles. Elles sont là en faible quantité. Nous attendons qu’elles viennent pour en ramasser. J’ai mis le tricot à cause du froid de la nuit. Je n’avise pas à mon départ. Je sors clandestinement de la maison car je dors dans une chambre à côté. Je rentre quand je veux, je sotte la clôture. Les parents pensent toujours que je suis dans ma chambre alors que je suis déjà de retour d’ici. C’est une denrée délicieuse, vous ne pouvez pas payer la viande à la boucherie alors que vous avez des sauterelles. Je peux dormir au balcon où près des projecteurs », a-t-il fait savoir.        

Le Parlement d’enfant Butembo-Lubero condamne la présence des enfants à l’extérieur aux heures tardives. Reagan Bangaghe, son président, démontre que là les enfants sont exposés à plusieurs dangers.  Il en appelle à la responsabilité des parents.

Les pièges de sauterelles sont parsemés dans la ville. Plusieurs enfants s’éclipsent du toit paternel et vont chasser ces sauterelles. Cependant, certains autres parents peuvent envoyer leurs enfants vue la conjoncture actuelle.

Glodi Mirembe

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