‘‘Saisie des foies des vaches’’ aux bouchers à Butembo : le service urbain de Pêche et élevage s’explique

La taxe d’expertise après abattage n’est peut-être pas la seule cause du soulèvement des bouchers en ville de Butembo depuis le mardi 06 février 2024. RADIOMOTO.NET s’est aussi intéressée à d’autres raisons, entre autres, la saisie des foies. L’Inspecteur urbain du service de Pêche et élevage s’en est expliqué.

En fait, l’incompréhension entre le service de pêche et élevage, la décision de vouloir chasser le bureau de l’association des bouchers dans la concession de l’ITAV et la saisie régulière des foies par le service vétérinaire de l’abattoir sont autant de problèmes au cœur de la cessation des activités par une frange des bouchers.

Concernant spécialement cette dernière raison, Mwenge Kamala Katabeyi, président des bouchers, n’est pas d’accord avec l’agissement des vétérinaires. Il trouve, pour eux, une façon de pénaliser les bouchers.

« Même les foies qu’on était en train de consommer hier, aujourd’hui ils les saisissent. Et nous on se demande, avec cette quantité qu’on a déjà consommée, pourquoi on permettait à la population de les consommer ? C’est dire que nous portons des maladies. Nous connaissons leur façon de travailler, et nous connaissons ce qu’ils font », s’est-il plaint.

RADIOMOTO.NET a, par la suite, abordé l’Inspecteur urbain du service pêche et élevage. Le docteur Kawa Ndaghala demande aux bouchers d’avoir confiance aux vétérinaires.

Il explique que 80% de vaches vendues en Butembo proviennent de l’Ouganda et de la Tanzanie. La plupart de ces bêtes broutent dans des régions marécageuses et y attrapent des maladies qui créent des douves dans le foie. Une fois attaquées, les douves rendent le foie impropre à la consommation.

C’est pourquoi les vétérinaires prennent soin de les écarter afin de permettre à la population de prendre une viande de qualité.

« Les marécages facilitent le développement d’une maladie qu’on appelle la distomatose. Elle est liée à la présence des douves dans les foies. J’insiste sur le fait que c’est une antropozoonose, soit une maladie qui se transmet de l’homme à l’animal et vice-versa. Nous ne serons pas là pour livrer des viandes qui ont des parasites. Voilà pourquoi tous ces bouchers qui sont là depuis de dizaines d’années, savent qu’il y a la douve dans les foies. Ce que nous pouvons dire à la population, tout ce qui est sur le marché, même si c’est les foies, il est propre à la consommation parce que le vétérinaire a mis son temps pour inspecter la viande », a-t-il expliqué.

Notons que cette maladie des vaches n’est pas nouvelle dans la région. L’inspecteur urbain du service Pêche et élevage a fait remarquer que dans le temps, les vaches qui venaient des régions de Maboya, Kalunguta et Kabasha avaient toujours des foies impropres à la consommation.

Kakule Kilumbiro

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