Butembo : la vente de babouches et sandales à pneu affectée négativement par l’insécurité dans l’Est

L’insécurité au Nord-Kivu et en Ituri, orchestrée par les rebelles de l’Allied democratic forces (ADF) impacte négativement sur la vente des babouches et sandales à pneu des véhicules recyclés, en ville de Butembo. RADIOMOTO.NET a fait ce constat ce jeudi 22 février 2024. Un fabricant de ces souliers que note que la plupart de clients, en gros, provenaient du territoire de Beni ainsi que dans la province de l’Ituri.

Décryptage

En ville de Butembo, sur avenue Mikundi, nous rencontrons des femmes vendeuses des babouches et sandales faites à base des pneus recyclés. Celles-ci nous conduisent vers l’atelier où elles sont fabriquées.

Ici, Kambale Kalihi Derede, couteau en main, fabrique diverses marques de souliers communément appelées « Samaritain ».

Pour lui, c’est d’abord le ravitaillement en pneu qui devient difficile, vu que le mouvement des véhicules n’est plus dense sur différentes routes suite à l’insécurité. Toutefois, Kambale Derede ne baisse pas les bras.

« Nous utilisons les pneus usés que nous amènent les propriétaires des véhicules. Pour fabriquer la babouche, il faut en tout prix avoir les pneus recyclés, où on enlève la partie supérieure avec le couteau. Puis on découpe le pneu pour donner des formes, soit de la babouche soit de la sandale. Avant, nous achetions un pneu à 10 milles francs, mais actuellement la situation du pays n’est pas du tout bonne, et le prix a haussé. Nous le payons ces derniers temps entre 20, 25 et 30 milles francs congolais. Il n’y a pas de paix, quand les véhicules circulaient librement il y’avait crevaisons des pneus et nous trouvions le travail », explique-t-il.

Au même moment, il démontre que la clientèle sur le marché a sensiblement baissé. Cela suite à l’insécurité grandissante dans les agglomérations de Beni-territoire, au Nord-Kivu, puis Irumu et Mambasa en Ituri. Derede croit que seule la pacification des zones sous menace sécuritaire revalorisera son métier maintenant en péril.

« On trouvait des commandes des clients en provenance de régions où les personnes sont massacrées. C’est par exemple à Beni, Mangina, Mambasa, où nous vendions ces souliers en gros.  Si on restaure la paix, sinon les véhicules ne seront plus incendiés et le travail redevra comme bien avant », fait-il espérer.

Kambale Derede note être capable de fabriquer, le jour, plus de 10 paires à partir des pneus recyclés. Ses produits sont exposés sur avenue Mikundi. Une paire de souliers se vend à 2.000 FC.

Glodi Mirembe

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