Butembo : Zawadi Kabuyaya, taximan au féminin, conduit un tricycle “Bajaj” depuis 9 mois 

Zawadi Kabuyaya, cette femme conductrice d'un tricycle en ville de Butembo, force l'admiration. Ph. Esther Vwiravwahali/RMBB

Une scène peu courante, mais pleine de charme en ville de Butembo. C’est cette aventure d’une jeune fille capable de conduire un tricycle, dit Badaj, avec amour et passion. RADIOMOTO.NET rencontré cette conductrice, ce mardi 25 mars 2025. 

Zawadi Kabuyaya est l’une de ces femmes rares qui se démènent comme chauffeuse de bajaj du matin au soir, depuis maintenant 9 mois. Avant ce métier, Zawadi était déjà conductrice de taxi-moto à Butembo et environs. L’insécurité l’a obligée à se concentrer sur la ville et à s’offrir un tricycle pour le transport urbain. 

Le tricycle, stable, solide et sécurisant, traverse, selon elle, des zones pavées et c’est pour cette raison qu’elle peut offrir ses services aux habitants de Njiapanda, Furu, Kambali et environs.

« Je faisais le taxi moto aux périphéries de la ville de Butembo, à Manguredjipa, 51, partout-là où je trouvais le boulot. Mais on n’y va plus faute de sécurité et j’ai jugé mieux d’acheter mon propre Bajaj pour travailler en ville. Je me sens bien lorsque je conduis mon Bajaj. Nous faisons des courses sur des routes goudronnées ; mais trop souvent à Njiapanda », a-t-elle temoigné. 

Si ses premières sorties ont connu des regards curieux, aujourd’hui Zawadi Kabuyaya est déjà acceptée par ses clients. Même si elle n’est pas présente à son parking, certains de ses clients jugent mieux de l’attendre. 

La conductrice reconnait que tout n’est pas rose, mais qu’elle fait de son mieux pour se passer des moqueries depuis le début. C’est grâce à la détermination qu’elle fait face à tout.

« Il y a d’autres clients, lorsqu’ils constatent que c’est la fille qui conduit, ils ont peur. D’autres par contre sont très contents. Mais quand même, mes clients sont déjà habitués à moi puisque même si je ne suis pas présente au parking, d’autres m’attendent jusqu’à ce que j’arrive », s’est-elle enthousiasmée. 

Le tricycle n’est pas qu’un simple moyen de transport pour Zawadi. Il est ainsi devenu une forme d’expression personnelle et un choix de vie qui défie tout préjugé.

Ange Kavuya

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