Butembo : ISPRON comptabilise plus de 12 000 ménages de déplacés de guerre
Masika Marie-Jeanne, coordonnatrice de l’Intégration sociale pour la promotion des nécessiteux (ISPRON), juillet 2023. Ph. Esther Vwiravwahali
Le nombre de ménages de déplacés de guerre a sensiblement augmenté en ville de Butembo. L’Intégration sociale pour les nécessiteux (ISPRON), une organisation d’encadrement des déplacés de guerre, compte en elle seule plus de 12 000 ménages depuis la prise de certaines localités du territoire par le M23.
Leur situation reste précaire suite au manque de nourriture et de satisfaction à d’autres besoins de première nécessité. Toutefois, Masika Marie-Jeanne remercie toutes les structures sanitaires qui accueillent les malades déplacés de guerre vivant en ville de Butembo. Elle appelle d’autres bonnes volontés à venir au secours de ces nécessiteux qui traversent de durs moments de leur vie.
“Nous remercions le centre hospitalier FEPSI qui nous aide actuellement en soignant gratuitement les déplacés de guerre. Cet hôpital a un projet de prise en charge gratuite des déplacés pour les mois d’avril, mai et juin. Aux déplacés malades qui veulent se diriger à l’hôpital, nous donnons des jetons et à cela, nous ajoutons la lettre du chef de quartier où le déplacé réside. En tout cas, les déplacés sont en train d’être soignés gratuitement. Même l’hôpital Tulizeni est en train de nous aider dans ce sens. Aussi, d’autres hôpitaux qui se retrouvent dans l’impossibilité de soigner les déplacés de guerre gratuitement, font des réductions sur les factures”, a-t-elle remercié.
Parlent de l’autonomisation des déplacés de guerre, la secrétaire exécutive de l’ISPRON salue l’offre des responsables de la concession de l’Institut technique, agricole et vétérinaire (ITAV) de permettre aux déplacés de cultiver dans cet espace. Néanmoins, elle fait savoir que les champs de cette concession sont détruits par des bêtes en divagation.
“Il y a des déplacés de guerre qui continuent toujours de cultiver. Mais certains étaient découragés par la divagation des bêtes. Ces bêtes mangeaient les cultures des déplacés. Il y a également le soleil ardent qui décourageait les autres. Aussi, la semence qu’on nous avait donnée n’est pas d’une bonne qualité. Mais, nous avons déjà parlé aux donateurs, ils nous ont rassurés qu’ils vont nous donner l’autre semence. En tout cas, il faut que les déplacés de guerre continuent l’agriculture parce que le peu qu’on récoltait dans ces champs nous aide beaucoup”, a-t-elle renchéri.
La ville de Butembo reçoit les déplacés de guerre de différentes localités de la province du Nord-Kivu et de l’Ituri. Les uns fuient les massacres des ADF et les autres, les affrontements entre les rebelles du M23/AFC et les FARDC appuyées par des Wazalendo.
Kakule Kilumbiro