Goma : des milliers de fidèles à la célébration de la translation du corps de Floribert Bwana Chui

Les cérémonies de translation et du lancement de la dévotion populaire au sanctuaire de Goma ont rassemblé, ce mardi 08 juillet 2025, des milliers de fidèles catholiques. Ce, à l’occasion de la première célébration de la mémoire du bienheureux Floribert Bwana Chui Bin Kositi, martyr de l’honnêteté et l’intégrité morale. 

Une messe solennelle d’action de grâce, présidée par l’Archevêque métropolitain de Lubumbashi et président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), a été dite à l’esplanade du sanctuaire d’adoration du diocèse de Goma. Ici reposent désormais les reliques du bienheureux Floribert Bwana Chui. 

Dans son discours très édifiant, Monseigneur l’archevêque Fulgence Muteba a démontré qu’il est temps pour tout le monde de vivre la vraie foi et que le chemin de la sanctification reste ouverte pour tout le monde. C’est aussi un bel exemple qui apprend à sortir des ténèbres des antivaleurs comme la corruption, la tricherie, la contrebande, etc.

“Vivre la foi dans notre contexte d’aujourd’hui, c’est ramer à contre-courant. Et nous pensons vraiment que la corruption, c’est quelque chose de normal. Mais ce garçon vient de nous montrer que si nous voulons bâtir une société juste et si nous voulons montrer que le visage du royaume des cieux, nous pouvons déjà le faire percevoir dans ce monde, il faut que nous puissions ramer à contre-courant. Et pas seulement la corruption. Je m’excuse profondément avec ces corollaires. Commençons par la tricherie. Je pense effectivement, mes frères, mes sœurs, nous sommes pétris dans les ténèbres des antivaleurs. Si nous voulons bâtir un pays prospère, nous devons lutter contre les antivaleurs. Notamment la corruption, la tricherie, la fraude, la contrebande”, a-t-il prêché. 

Cette célébration eucharistie marquée par une ambiance chrétienne, de prière et calme a connu la participation de plusieurs délégations venues de l’intérieur du pays et ailleurs. 

Près de 10 évêques parmi eux, ceux du Rwanda, des prêtres dont deux venus de Rome, ont été sur le lieu pour honorer cette journée symbolique. Venue du diocèse de Butembo-Beni, Masika Manzekele Anyesi revient ici sur ce qu’elle appelle miracle vécu tout au long du périple.

Nous sommes très heureux, nous faisons une communauté de 9 personnes. Nous remercions le bon Dieu et surtout notre Bienheureux Bwana Chui. En route, on n’a eu aucun problème. Le grand miracle que le Bienheureux nous a montré en entrant à Goma, il y a une barrière, quand il est 18 h 00, personne ne peut plus passer. Mais nous, on est arrivés là-bas, la barrière fermée. Ils ont dit ici, on n’ouvre pas la bouche. Quand c’est fermé, c’est fermé. Si tu oses demander de passer, tu seras fouetté. Moi, j’ai dit avec notre Dieu, rien n’est impossible. Et avec Bwana Chui, que nous venons témoigner, il y aura un miracle ici. Lorsque je suis entré dans le bureau de nos frères là-bas, l’un a réfusé et a dit : la loi, c’est la loi. Vous ne pouvez pas passer, la barrière est fermée. Moi, intérieurement, j’ai évoqué Bwana Chui, c’est le moment de nous témoigner que, réellement, tu es bienheureux. Nous n’acceptons pas de dormir ici, dehors. Directement, un est venu et il m’a dit, maman, allez entrer dans votre voiture pour que je vous accompagne là où vous partez”, a-t-elle témoigné. 

Bwana Chui avait, lors de ses études de droit, rejoint la Communauté de Sant’Egidio, une communauté de laïcs catholiques luttant contre la pauvreté. Alors évêque de Goma, Mgr Faustin Ngabu parlait de lui comme étant un chrétien qui a su conserver sa liberté dans une situation extrêmement difficile.

Ghislain Siwako

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