Beni : des agricultrices fustigent la destruction de leurs cultures par les éleveurs à Bashu
Women from different tribes in Ituri, Democratic Republic of Congo, work together to maintain their cocoa trees as a part of the women cocoa farmer group ÒTUENDELEE MBELE,Ó meaning ÒLetÕs move forward,Ó in Swahili. The group formed from an effort to restore peaceful coexistence between the local groups through development. (Pascaline Kavuo Mwasi Saambili, GPJ Democratic Republic of Congo)
Au-delà des conflits qui déchirent les familles et toute la communauté de la chefferie des Bashu en territoire de Beni, les femmes dénoncent la destruction de leurs champs par les éleveurs. Elles citent ici la divagation exagérée des bêtes qui ravagent tout à leur passage. Cette dénonciation a été soulevée au cours d’une tribune d’expression que Radio Moto Butembo-Beni a organisée le dimanche 27 juillet 2025 dans le village de Vusalya, dans la notabilité de Kisunga.
Plusieurs témoignages ont démontré que les éleveurs laissent volontairement leurs bêtes comme les porcs, les chèvres, voire les vaches errer dans les champs des paysans.
Les femmes lésées par ce comportement pointent du doigt les personnes autochtones de cette notabilité au détriment des vassaux qui viennent chercher des champs à Kisunga comme à Mahigha. Cette situation devient, malheureusement, à en croire le sentiment des victimes, source de conflits dans ces entités du territoire de Beni.
“Ce qui nous fait mal au cœur, c’est le comportement des éleveurs. On nous encourage à pratiquer l’élevage, mais en même temps, à cette période, leurs bêtes détruisent nos champs. On ne sait plus que faire. Le pire, c’est que quand on signale le problème aux propriétaires des bêtes, c’est à ce moment-là qu’on commence à te rappeler tes origines. Comme si ta souffrance devenait un dérangement. Je me demande : si nous laissons nos champs aux bêtes, comment allons-nous vivre ? Voilà mon grand problème.”, s’est plainte une femme agricultrice.
Présents à cette tribune, le chef capita de Vusalya et son secrétaire ont rassuré la population qu’ils vont se pencher sur ce dossier pour empêcher la divagation des bêtes.
Ils ont décidé qu’à cas de destruction d’un champ, la chèvre sera prise et conduite chez le chef notable et le propriétaire de la chèvre pourra payer les dommages causés par sa bête.
“(I) Quand on amène une chèvre ou un porc qui a détruit un champ, les propriétaires viennent les voler, et le problème se retourne contre moi et je ne sais plus que faire. Cette fois, ce que je vais faire est de conduire la chèvre auprès du chef notable. Ici, tout le monde est méchant, comme ce qu’a dit le président de la société civile. Nous détruisons tous les champs des autres. La plupart laissent leurs bêtes à divagation. Quand il y a ceux qui viennent se plaindre, les fautifs pensent qu’à faisant une descente dans les champs, nous cherchons de l’argent (II) Tous ces hommes, toutes ces femmes disent ça. Je suis d’accord avec ce que le chef capitaine a dit : de conduire la chèvre chez les chefs notables”, ont-ils promis.
Il convient de signaler qu’à part la destruction des champs par les bêtes en divagation, les chasseurs des rats sont aussi cités parmi ceux qui rendent la vie difficile aux paysans par la destruction des haies antiérosives.
Kakule Kilumbiro