À Goma, certains enfants boudent l’école pour revendre les “Ngolongoto” 

Deux semaines après la rentrée scolaire à Goma et ses périphériques, plusieurs mineurs traînent encore dans les rues, certains pour mendier et d’autres en exerçant des petits travaux dans le but de gagner de l’argent.

Parmi eux, ces enfants à la recherche des fers usés communément appelés « Bichuma » et/ou “Ngolongoto” en courant d’énormes risques, en titre d’exemple, la manipulation des engins explosifs cachés. 

Le mardi 16 septembre 2025, deux garçons âgés de moins de 15 ans, se sont confiés à RADIOMOTO.NET, détenant chacun un gros aimant et un sac. Le premier, nommé Patrick explique qu’il n’a pas été inscrit dans une école, faute de moyens financiers et que c’est grâce au peu qu’il gagne que sa famille trouve à manger depuis que son père est décédé. Cependant, il affirme sa disponibilité d’étudier dès que possible.

« Je ramasse des éléments recyclables. Avec 4 kg, je gagne 2 500 francs congolais. J’en garde une petite part, et le reste sert à acheter de la farine. Ma mère ne peut pas m’acheter une sacoche ni un uniforme. Si un volontaire pouvait m’aider à payer les frais scolaires, je pourrais aller à l’école. Car ce travail que je fais est risqué. Je vis seul avec ma mère, mon père n’est plus là. Oui, nous sommes des déplacés », a-t-il confié. 

Samuel, lui aussi, avait abandonné les études suite au manque de frais de scolarité et au départ de sa mère à Kigali pour des raisons qu’il ignore. Selon lui, la collecte des fers lui permet de subvenir à certains besoins.

« Je m’active dans cette pratique de collecte de fer parce que ma mère n’est pas là. Elle est partie à Kigali. Je ramasse ce fer pour ensuite acheter de la nourriture. Je vis avec mon père, mais il ne fait rien pour moi. Un jour, j’avais été inscrit à l’école, mais il ne payait pas les frais, alors j’ai abandonné. Aujourd’hui, même quand on voit des gens mourir autour de nous, ça ne nous inquiète plus », a-t-il témoigné.

Dans un contexte d’insécurité, l’encadrement des enfants nécessite une attention particulière des autorités étant donné qu’ils courent toutes les possibilités d’en être les principales victimes, recommande un défenseur des droits des enfants. 

Et Goma, est l’une des villes de la RDC qui compte un grand nombre d’enfants en rupture familiale, soumis à ce mode de vie pour diverses raisons, notamment liées aux conflits armés, à la situation économique chaotique dans les familles, mais aussi à l’abandon familial.

Ghislain Siwako

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