Beni : des petits ruminants menacés par la peste à Bashu 

Depuis plusieurs mois, la chefferie des Bashu, en territoire de Beni, est confrontée à une peste qui décime les petits ruminants. Le docteur Kambale Kasayi Justin, médecin vétérinaire de l’entité, pointe du doigt la négligence des éleveurs qui ignorent les traitements médicaux et la vaccination de leurs bêtes. Étant donné que cette maladie est d’origine virale et qu’il n’existe pas de traitement curatif approprié, la chefferie compte sur les dons et bonnes volontés pour obtenir les vaccins nécessaires.

D’après le docteur Kambale Kasaï Justin, joint au téléphone par RADIOMOTO.NET, les sept groupements de la chefferie des Bashu sont déjà touchés par cette maladie. 

“La peste de petits ruminants est une maladie virale hautement contagieuse. Les maladies virales n’ont pas de traitement curatif, seulement des traitements préventifs. Au départ, la division provinciale avait organisé une campagne de vaccination contre cette maladie, mais les éleveurs avaient négligé cette vaccination. Pourtant, c’était presque gratuit : on ne demandait que 500 ou 1 000 francs congolais. Résultat : le vaccin a même été périmé faute d’utilisation. Et aujourd’hui, la maladie est bel et bien présente dans nos milieux”, a-t-il rappelé. 

Le docteur appelle les bonnes volontés à intervenir pour sauver l’élevage dans la chefferie des Bashu. 

« Du côté du gouvernement, nous faisons des efforts ici et là pour obtenir des vaccins. Certains particuliers nous amènent quelques flacons et cela nous permet de vacciner. Pour l’instant, ça va quand même. La vaccination est en cours », a-t-il rassuré, avant de préciser : « Aujourd’hui, une bête moyenne se fait vacciner à 3 000 francs, soit environ un dollar. Mais certains restent complotistes. Nos éleveurs ne prennent pas leur métier au sérieux, comme un travail pour la vie. »

Il rappelle qu’à un certain moment, ils avaient organisé une campagne contre la peste aviaire, mais là encore, les gens ont négligé. 

« Si vous connaissez quelqu’un qui peut nous aider à accéder aux vaccins, il serait le bienvenu dans la chefferie des Bashu », a-t-il vivement plaidé. 

La même source insiste également sur le protocole sanitaire : « Toute bête qui meurt n’est pas destinée à la consommation. C’est la norme. Si l’animal est agonisant, il faut directement l’abattre. Une fois assaini, il peut éventuellement être consommé, car cette peste n’est pas une zoonose, c’est-à-dire, ce n’est pas une maladie transmissible de l’animal à l’homme, et vice-versa. »

 

Enfin, il ajoute : « Face à cette maladie, on tente parfois des traitements aléatoires. Il y a des cas de guérison, mais le taux de mortalité reste plus élevé que celui de guérison. Il faut donc renforcer la sensibilisation et l’éducation. »

Il convient de noter qu’est actuellement difficile de quantifier le nombre exact de bêtes mortes, mais la peste menace toute la chefferie, y compris les villages les plus reculés des Bashu. 

Joseph Bakwanamaha

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