Nord-Kivu : le gouvernement provincial tente d’éviter le boycott de la suite des examens par les inspecteurs
Malgré le lancement des épreuves hors session de l’EXETAT 2026, les menaces de boycott de la suite des activités continuent d’être brandies. Les enseignants et les inspecteurs disent patienter la bonne foi du gouvernement. Sinon, ils pourront arrêter leur prestation même en plein examen. Pour sa part, le gouvernement provincial du Nord-Kivu rassure que les contacts avec Kinshasa sont en cours.
Au cours d’une interview accordée à la presse ce lundi 4 mai, à l’issue du lancement des épreuves hors session de l’Exetat, Michael Lukoo Batondi, président et porte-parole de l’intersyndical provincial des enseignants en province éducationnelle Nord-Kivu II, a mis en garde le gouvernement qui n’avait pas finalisé la paie des prestataires lors de l’édition 2025.
Selon lui, le gouvernement qui avait promis prendre en charge tout le coût lié aux épreuves certificatives n’avait décaissé que 50% de la somme. Ce qui a préjudicié, les prestataires dont les enseignants examinateurs et les surveillants. Micahel Lukoo veut voir le Gouvernement prouver sa bonne fois avant qu’une décision ne soit prise même en pleine session.
“Nous avions été tous soulagés et nous avions apprécié, nous qui sommes stressés par la situation connue de tout le monde. Mais, au grand regret, nous avions constaté que le gouvernement, au lieu de donner 100% des frais qui étaient dits à ces épreuves, n’a donné que 50% de ces frais. Et cela a impacté négativement sur la passation des épreuves certificatives. Nous l’avions alerté, mais jusque-là, rien n’a été fait. Et c’est une aberration de constater que le gouvernement, même pour cette année scolaire, en tout cas, le gouvernement central n’a rien décaissé. Et nous nous sommes dit que dans les 48 heures, que si rien ne fait, nous allons demander à nos affiliés de cesser, de stopper”, a-t-il prévenu.
Pour leur part, les inspecteurs annonçaient déjà le boycott de la session. Ils affirment avoir accepté de se remettre au travail sur base de promesses du gouvernement et par soucis patriotique.
Selon Kakule Kombi Samuel, secrétaire du SYNIECO Nord-Kivu, les inspecteurs ne voulaient pas être tenus responsables de la mauvaise passation des épreuves. Cependant, si le gouvernement n’honore pas sa promesse, les inspecteurs affirment qu’ils ne participeront pas à la correction et à la suite des activités liées à ces épreuves.
“Nous sommes en train d’observer ce que le gouvernement fera. Vous savez que les évaluations, c’est tout un processus. Si le gouvernement ne paye pas et arrive à nous tromper par des promesses pour que nous puissions passer cet examen, les restes d’activités, nous ne les ferons pas. Il y a la correction. Il y a les autres évaluations qui sont en cours. Dans ce cas-là, nous n’allons pas vraiment y participer parce que nous avons présenté notre bonne foi et nous ne voulons pas que nous puissions être tenus responsables de la mauvaise passation des évaluations”, a de sa part ajouté.
À la même occasion, Prisca Luanda Kamala, coordonnatrice principale en charge de l’éducation au Nord-Kivu, a rassuré que la province est en contact avec les autorités de Kinshasa. Elle croit que le gouvernement va tenir sa promesse afin que les enseignants et inspecteurs soient remis dans leurs droits.
“En tant que parents, ils se sont dit qu’ils ne pouvaient pas laisser les enfants de Nord-Kivu louper cette chance de passer l’examen d’Etat. Raison pour laquelle ils sont là et je remercie les services techniques qui se sont impliqués pour l’effectivité de cet examen. On a pu déployer les superviseurs, les surveillants partout dans la province et nous croyons fermement que le gouvernement central va faire sa part de choses avant la cession ordinaire”, a-t-elle apaisé.
Depuis la résurgence du M23, le gouvernement congolais avait, pour suppléer aux parents aujourd’hui dans cette partie en proie à la guerre.
Stanley Muhindo