Nord-Kivu : Le niveau d’élevage en baisse à Beni et Lubero suite à l’insécurité (Docteur Musondolya Muhayirwa)

La baisse du niveau d’élevage dans les territoires de Beni et Lubero a atteint un stade très catastrophique. Ce constat est venu du docteur vétérinaire Musondolya Muhayirwa, promoteur des cliniques vétérinaires CTPH, sises au numéro 16 sur avenue des martyrs, en ville de Butembo. 

Au cours d’un entretien avec RADIOMOTO.NET, il cite deux causes dans cette baisse du niveau d’élevage dans le Grand Nord de la province du Nord-Kivu. Il s’agit de l’insécurité qui secoue la région. Musondolya Muhayirwa fait remarquer qu’il est maintenant difficile de trouver une ferme avec cent têtes de vaches ou de caprins. 

Selon lui, les éleveurs sont menacés de partout par des groupes armés qui arrivent à prendre de force certaines bêtes comme redevance sécuritaire. Une deuxième cause, c’est le mauvais entretien des aires d’élevage. 

Pour lui, les éleveurs ne se font plus accompagnés par des spécialistes en santé animale. Ce qui fait que les maladies consument des cheptels de bovins et des caprins en temps et en contre temps. 

“La sécurité secoue beaucoup le milieu, là où on a essayé de faire des exploitations agropastorales. Dans ce cas, si on arrive à stabiliser le milieu, on aura quand même à alléguer des difficultés pour nos éleveurs. Et à part cela, nous avons aussi différentes maladies qui frappent nos bêtes”, a-t-il fait savoir. 

Ce professionnel en santé animale note qu’au-delà de la pauvreté dans les familles des éleveurs, les populations pourront aussi souffrir de la malnutrition par manque de protéines animales.

“Les conséquences directes, c’est sur le plan du panier de la ménagère. Vous allez constater que le prix de la viande va augmenter. C’est ça le problème. Il ne faut pas oublier qu’avec la viande, c’est une source sûre de protéines dans notre ration quotidienne. Vous allez voir aussi le cas de deuil ou le cas de dot, tout cela sera perturbé”, a-t-il démontré. 

Pour relever le niveau de l’élevage, le docteur Musondolya Muhayirwa demande au gouvernement de rétablir la sécurité dans la région pour permettre aux exploitants agropastoraux de réorganiser leurs champs. Il plaide aussi pour le financement des éleveurs par les banques agricoles au niveau national et international. 

“Moi, je vais conseiller aux élèves de tenir bon. Tenir bon dans le sens d’abord de sauvegarder le peu que nous avons. Il faut bien nourrir nos bêtes et bien les soigner. Donc, il faut veiller à l’entretien de ce que nous possédons. Il faut aussi choisir des milieux où règnent la paix et la sécurité. La banque agricole est très importante, puisque grâce à elle, on peut aussi bénéficier d’un appui pour la terre et pour renforcer la sécurité”, a-t-il conscientisé. 

Il convient de noter par ailleurs qu’aux jours d’aujourd’hui, les éleveurs font face à la peste de petits ruminants, caractérisée par une diarrhée nauséabonde et de la morve.

Kakule Kilumbiro 

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