Butembo : « La MONUSCO doit partir ; et pendant ce temps, nous n’allons pas payer les taxes », (LUCHA)

Le mouvement pro-démocratie Lutte pour le Changement (LUCHA) section de Butembo joint sa voix à celles d’une quarantaine d’associations et mouvements citoyens des territoires de Beni et Lubero, et des villes de Butembo et Beni pour exiger le départ des casques bleus de la MONUSCO de l’Est de la RDC. Ce vœu a été exprimé à l’issue d’un point de presse animé ce samedi 3 avril 2021. Ces mouvements annoncent, à l’occasion, un sit-in de 10 jours devant les installations de la Mission Onusienne à partir du lundi prochain.

Ce sit-in de dix jours est projeté par plus de 40 associations et mouvements citoyens du grand Nord-Kivu dont la LUCHA. Les organisateurs s’estiment à la hauteur de faire pression aux autorités congolaises pour faire partir la MONUSCO de l’Est de la RDC. Les casques bleus qui, disent-ils, ont failli à leur mission, celle de pacifier les zones insécurisées telles que Beni voire l’Ituri.

« Si la population se dit qu’elle n’est pas sécurisée par la MONUSCO, en tout cas elle a droit de dire à la MONUSCO de partir. Elle peut suggérer à ce qu’on emmène d’autres troupes pour nous sécuriser », a déclaré au micro de RADIOMOTO.NET Anelka Mwanya, communicateur de la LUCHA section de Butembo.

A en croire Jean-Pierre Kasma, un autre militant de ce mouvement, les 10 jours d’actions contre la MONUSCO n’auront pas comme synonyme : la paralysie totale des activités socioéconomiques dans la ville de Butembo. Il s’agira, d’après lui, d’appeler à la conscience de la population longtemps meurtrie par des rebelle d’Allied Democratic Forces (ADF), de se joindre volontairement aux manifestants et de ne plus payer les taxes.

« Nous, on ne va contraindre personne à sécher ses activités. Mais il faut que sa conscience puisse travailler normalement. Parce qu’il y a beaucoup d’aspects. Nous sommes dans une ville économique. Si chacun peut lutter à sa façon en disant par exemple que comme nous ne sommes pas sécurisés moi je ne paie pas les taxes, c’est une façon aussi ; un étudiant s’il peut sacrifier ses études pour nous rejoindre, s’il peut être à l’école en train de sensibiliser c’est aussi une lutte. Donc, pour nous, on a lancé une action à laquelle nous appelons à la participation de tout le monde. Mais, on ne va pas exiger à tout le monde de nous rejoindre », a-t-il ajouté.

A mars dernier, le député provincial Promesse Matofali a estimé que les habitants meurtris par les massacres de Beni ne devraient payer les taxes et impôts qu’après la restauration de la paix dans la région. Un message qui a plutôt bien sonné dans les oreilles de nombreux habitants de l’Est.

De ce fait, une quarantaine d’associations et mouvements citoyens des territoires de Beni et Lubero, et des villes de Butembo et Beni, ont appelé à une série de manifestations contre la MONUSCO durant dix jours. L’objectif, étant de faire partir les casques bleus des Nations-Unies suite à leur « inaction » dans l’éradication des tueries orchestrées par les rebelles ADF dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Joël Kaseso

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