Beni : la société civile inquiète de la situation sécuritaire “plus dégradante qu’avant l’état de siège”
La situation sécuritaire est pire qu’avant l’état de siège et les opérations conjointes contre les rebelles d’Allied Democratic Forces (ADF) dans la région de Beni (Nord-Kivu). La révélation a été faite ce lundi 17 janvier 2022, lors d’une réunion d’évaluation de 48 jours du lancement des opérations militaires FARDC-UPDF dans l’Est de la RDC.
C’est le premier vice-président des forces-vives en territoire de Beni qui l’a déclaré à RADIOMOTO.NET. Richard Kirimba s’inquiète du fait que les ADF ont multiplié des attaques contre les civils dans différents axes.
Il fait constater que les opérations conjointes FARDC-UPDF se font sentir dans une contrée de la chefferie des Watalinga.
« La situation sécuritaire est plus dégradante qu’avant. Quelqu’un nous a même posé la question de l’avant de l’état de siège et l’après état de siège. Donc, elle [situation sécuritaire, Ndlr) est plus mauvaise qu’avant, s’il faut être honnête. Ça signifie que les opérations conjointes avec l’armée ougandaise sont presque dans un même village, pour ne pas dire dans un même axe. C’est à Mukakati que la présence les opérations conjointes se fait sentir. Nous venons des Watalinga. Alors que les ADF eux, ont multiplié les attaques contre les civils sur tous les axes (…) », s’est-il plaint.
Richard Kirimba plaide en outre pour des opérations sérieuses et généralisées pour neutraliser les rebelles ADF.
« Nous n’allons pas évaluer la situation sécuritaire par le nombre de bastions conquis par les armées Congolaise et Ougandaise. Parce que cette histoire date de longtemps. On a toujours parlé de Kambi ya jua, Mwalika (des bastions ADF déjà conquis, Ndlr) mais le lendemain, on compte de morts (…) », se désole-t-il.
C’est depuis le 30 novembre 2021 que l’armée ougandaise a signé sa présence sur le sol congolais. Ce, en appuie aux Forces armées de la République démocratique du Congo engagées dans la traque des ADF, auteurs des milliers de morts dans l’Est du pays depuis 2014. Il s’agit d’une décision prise par le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, après celle de l’instauration de l’état de siège, en mai 2021, dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Héritier Ndunda