Arrestation du député Jean-Paul Ngahangondi à Goma : “Une énième violation des droits humains” (Maitre Kikondo Moise)

Le député provincial du Nord-Kivu, Jean-Paul Ngahangondi, a été arrêté à Goma dimanche 06 février 2022. Sa cellule de communication indique qu’il est détenu au cachot de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR). Comme certains autres citoyens, des juristes pensent que cet acte est une énième violation des droits humains.  

La cellule de communication de l’élu du territoire de Beni indique que le motif de l’arrestation et de la détention de Jean-Paul Ngahangondi n’est pas encore connu. “D’ailleurs, il n’avait pas encore reçu d’invitation des autorités judiciaires“, se désole la source de RADIOMOTO.NET.

En réaction, un juriste et chercheur scientifique voit en cette arrestation une énième violation des droits humains qui cible un leader d’opinion. Maitre Kakule Kikondo Moise dénonce « une marque de procédure judiciaire secrète » qui semble caractériser la période de l’état de siège face à ceux qui se montrent opposés à certains échecs de ce moment sécuritaire exceptionnel.

« Je confirme qu’aucune arrestation ne peut être tolérée si celle-ci n’est pas fondée sur une infraction. Je vous dis que notre constitution à son article 61 au point 4 le dit, l’ordonnance portant proclamation de l’état de siège le répète aussi. Avec l’arrestation de l’honorable JP Ngahangoni et de tous les autres leaders d’opinion surtout en sens opposé avec ceux qui nous dirigent, nous disons qu’il est tout à fait légitime et normal que ce peuple au nom de qui la justice congolaise est rendue soit véritablement et clairement éclairée des faits du déclenchement de poursuite contre ce leader. C’est pourquoi la procédure secrète doit être beaucoup plus réduite au profit des audiences publiques. Et cela pourra peut-être nous permettre de savoir en réalité ce qui se passe au juste », opine-t-il.

“Aucune arrestation non fondée sur une infraction ne peut être tolérée  même sous état de siège”, conscientise ce juriste et chercheur scientifique.

L’autre honorable arrêté le 30 septembre 2021, c’est le député Didier Lukogho, élu du territoire de Lubero. « Chacun de ces deux députés provinciaux aurait été visé par les services de sécurité pour leurs propos très critiques face à l’état de siège », estiment certains observateurs.

Par ailleurs, la Cour militaire de l’Ituri a condamné, le 09 septembre 2021, à un an de prison, un élu provincial de l’Ituri. Il avait été reproché à Hubert Berocan de perturber l’ordre public en pleine cérémonie officielle de remise de kits informatiques, un don du gouvernement aux écoles de Bunia. « Il se serait improvisé en surveillant et en contrôlant des matériels remis », avait fait remarquer la Cour militaire de l’Ituri.

En rappel, l’état de siège est en vigueur au Nord-Kivu et en Ituri depuis le 06 mai 2022. L’administration civile est passée sous la commande des officiers policiers et militaires pour faire face aux groupes armés. Maître Moïse Kikondo conclut que l’ordonnance présidentielle relative à la proclamation de cet état siège n’interdit pas à un député de porter son regard sur l’utilisation des biens publics ou son analyse sur un fait ou événement sociale.

Patrick Kalungwana

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