Butembo : Façonné par la peinture, l’artiste André Miguel ouvre un centre pour l’encadrement des jeunes

Certains jeunes de la ville de Butembo au Nord-Kivu vivent de la décoration, de la peinture et du dessin. C’est le cas de André Miguel Sengi, un artiste interrogé par RADIOMOTO.NET en marge de la journée internationale de l’art, ce 15 avril 2022. Dans une région en proie à l’insécurité, ce jeune artiste compte s’investir dans l’encadrement des jeunes pour lutter contre la criminalité et limiter le chômage.

Etudiant à l’Université de l’Assomption au Congo (UAC), André Miguel approfondit son talent dans les Sciences de l’Information et de la Communication. Ce jeune étudiant en troisième année du premier cycle explique qu’il est en train de travailler dur dans l’art pour que Butembo devienne une ville artistique.

« Je mets de la peinture sur des maisons. C’est de la peinture-bâtiment. Je suis décorateur et dessinateur. Là je parle de toiles, de tableaux de peinture, de paysage… L’art que nous faisons est en premier lieu visuel. Quelqu’un qui est d’un autre lieu viendra à Butembo, il faut qu’il constate que Butembo est réellement une ville artistique dans la peinture, dans la décoration, dans le dessin, nous allons tout faire pour améliorer les choses afin que notre ville soit une ville artistique », a-t-il confié.

Grâce à l’art, André Miguel affirme qu’il se paie les frais académiques, il se nourrit, se paie le loyer et vient en aide à plusieurs membres de sa famille. Après avoir participé à plusieurs expositions artistiques et remporté des diplômes de mérite en art, cet artiste a ouvert un centre d’encadrement pour les jeunes. Ce, dans le but de diminuer le chômage qui prend de plus en plus de l’ampleur.

« J’ai conçu un projet, je suis en train de construire un centre d’encadrement pour les jeunes en milieu d’insécurité… Les jeunes, vous le savez, quand ils sont délaissés, ils sont tentés de faire n’importe quoi. Si aujourd’hui il y a des jeunes qui peuvent s’engager dans les groupes armés ou faire des choses malsaines, c’est parce qu’ils ne sont pas occupés. Mais quand ils sont tout le temps à l’atelier, quand ils sont en train de concevoir les choses, quand ils sont en train de travailler, c’est possible que les choses malsaines diminuent », a-t-il argumenté.

Notre interlocuteur ajoute que parmi les jeunes qu’il encadre, certains commencent à faire « un très bon travail ». D’où son appel aux autres qui ont un talent caché, à développer leurs aptitudes, dans son centre d’encadrement pour les jeunes situé sur Avenue Des Martyrs au numéro 5. Car, dit-il, l’élève devient même plus fort que son maitre.

Rosette Kamukehere 

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