Beni : des déplacés aux conditions de vie difficiles à Kyondo

Les déplacés de guerre vivant en commune de Kyondo dans le territoire de Beni (Nord-Kivu) font face à des grands defies. Leurs conditions de vie ont été décriées par la présidente du comité des déplacés de guerre à Kyondo et environs au cours d’une interview  accordée à RADIOMOTO.NET ce vendredi 22 avril 2022.

Madame Espérance Mwengesyali fait allusion à la non prise en charge alimentaire, à la rareté des vivres, à l’ascension du prix de location des maisons et à la hausse de prix de denrées alimentaires sur le marché. Notre interlocutrice sollicite la bonne volonté des uns et des autres pour sauver la vie de ces vulnérables dont certains s’adonnent, selon elle, à la récolte des produits vivriers dans des champs d’autrui.

« Certains de ces déplacés ont commencé à voler des denrées dans les champs des particuliers, faute de moyens. En tout cas, Kyondo a perdu sa qualité de cité agricole. Même au marché, les denrées sont chères. Même les endroits où on tire les produits sont insécurisés. Nous enregistrons, de ce fait, certains déplacés qui rentrent chez eux. Certains y meurent tués et d’autres reviennent toujours ici à cause de l’insécurité », a déploré Espérance Mwengesyali.

Interpellant les déplacés de guerre, notre interlocutrice leur recommande d’être calmes. Elle les rassure également d’une assistance attendue dans les jours proches. Espérance Mwengesyali appelle, par ailleurs, les jeunes à ne pas décourager les humanitaires qui sont préoccupés par les conditions de vie des déplacés. Elle fait allusion aux soulèvements anti MONUSCO, anti-organisation humanitaire ONG et l’incendie d’un véhicule transportant des vivres destines aux déplacés et autres vulnérables de Kasisi et Burusi en décembre 2021.

« Si les humanitaires nous apporteront la bouillie, tant mieux. En tout cas, qu’on prenne juste conscience que les comportements de certains jeunes découragent les bonnes initiatives des humanitaires », a-t-elle conseillé.

La commune de Kyondo regorge en elle seule plus de 500 ménages soit plus de 2.000 individus ayant fui les atrocités des groupes armés locaux et les massacres des civils dans la chefferie des Bashu et en secteur de Ruwenzori, en territoire de Beni et dans l’ituri. La présidente du comité des déplacés de guerre à Kyondo et environs confie que d’autres citoyens aux mêmes conditions vivent dans des familles d’accueil à Vayana, Burusi et Kirindera, des entités voisines de Kyondo.

Muhindo Mukohe

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