Butembo : des visites monnayées à la prison de Kakwangura (Alerte)

Colibri RDC ASBL alerte sur des faits infractionnels commis par des agents de gardiennage à la prison urbaine de Butembo-Kakwangura au Nord-Kivu. Ceci est contenu dans une correspondance que cette organisation a adressée au Procureur de la République, ce mercredi 25 mai 2022, pour dénoncer des faits infractionnels dans cette maison carcérale.

Le Coordonnateur de Colibri RDC ASBL dit que son organisation observe par exemple que les visites aux détenus à la prison sont conditionnées par le paiement d’une somme de 1.000 francs congolais par les agents policiers, militaires et de l’ANR commis à la sécurité des détenus. « Les personnes qui ne peuvent rien fournir sont purement et simplement priées de rentrer, sur un ton assez discourtois », décrit le Coordonnateur de Colibri RDC.

L’auteur de cette dénonciation montre que ce comportement est contraire aux dispositions qui consacrent le droit de visite des membres de famille sans entrave. Il a cité notamment l’article 18 alinéa 5 de la Constitution, l’article 61, … et 63 de l’ordonnance n° 344 du 17 septembre 1965 relatif au régime pénitentiaire, des règles 37 et 92 de l’Ensemble des règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus et le Principe 19 de l’Ensemble de principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou d’emprisonnement.

Colibri RDC tente de prouver que, la semaine dernière, la prison a connu trois cas de décès pour manque de nourriture. L’organisation estime que ce serait par conditionnement sans succès de la visite aux détenus victimes.

« Il est hors de question d’empêcher les membres de familles des détenus de leur amener à manger pour pallier tant soit peu à la défaillance de l’Etat en la matière », recommande Colibri RDC.

C’est à cet effet que Colibri RDC recommande à l’autorité compétente de diligenter une enquête sérieuse, d’identifier les auteurs des infractions à la prison urbaine de Butembo-Kakwangura et de les traduire en justice.

Patrick Kalungwana

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