M23 à Rutshuru : le Rwanda accusé de « crimes de guerre »
Un soldat de l'armée rwandaise. Ph. Tiers
Le Gouvernement provincial du Nord-Kivu a publié vendredi soir un communiqué informant l’opinion publique du bilan des jets d’obus sur le sol congolais par le Rwanda via le M23. Il accuse Kigali de « crimes de guerre » à la suite des combats repris par ce mouvement rebelle notamment dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu).
Le porte-parole du gouverneur militaire, le général Sylvain Ekenge, a indiqué qu’il s’est agi d’une dizaine de bombes tirées par un canon à longue portée à plus de 22 kilomètres à partir du territoire de Rwandais. Ces bombes sont tombées sur Biruma et Kabaya, deux localités du groupement Kisigari. C’est dans ces deux localités, respectivement situées à 5 kilomètres et demi et un kilomètre et demi, à l’Est de Rumangabo, que ces engins ont explosés, à 16 heures quart de vendredi, explique le Général de Brigade Sylvain Ekenge.
Outre le bilan humain de deux morts et d’un blessé qui est aux soins, le Porte-parole du Gouverneur militaire parle également du bombardement de l’Institut Saint Gilbert. Ce qui constitue un crime de guerre et un crime contre l’humanité, déclare-t-il.
Il rappelle que c’est à Biruma que 2 militaires des Forces de défense du Rwanda (RDF) ont été capturés le 28 mai 2022 par la population et les forces de défense de la RDC avant de lancer que le Rwanda continue de manigancer pour se dédouaner de son soutien au M23.
« Pour justifier ces bombardements destinés à punir la population qui avait aidé à capturer les 2 militaire Rwandais et tromper la communauté internationale sur ses intentions belliqueuses, le Rwanda a publié le communiqué selon lequel les FARDC auraient tiré des bombes sur le territoire Rwandais. Même stratagème pour justifier les dernières attaques de Rumangabo et Kibumba. Habitué à sacrifier sa propre population, le Rwanda, pour se victimiser et trouver des mobiles pour agresser la RDC n’a jamais hésité de bombarder son propre territoire pour ensuite tirer de bomber sur le sol congolais », analyse le Porte-parole du Gouverneur militaire.
Il rassure que pour justifier ces dégâts et le soutien de l’Armée Rwandaise au M23, l’armée de la RDC est en possession des images de drone attestant l’occupation de Chanzu et Runyonyi par les Forces de défense du Rwanda. Le Général de Brigade Sylvain Ekenge poursuit que les FARDC, avec l’appui de la MONUSCO, ne restent bras croisé face à la cruauté des envahisseurs. Elles continuent de riposter et se défendre pour sauvegarder l’intégrité du territoire nationale et protéger les populations de la RDC, dit-il. Et d’ajouter que les FARDC exhortent la population de maintenir la vigilance totale et dénoncer toujours la présence suspecte.
Patrick Kalungwana