Butembo : des femmes brutalisées par la Police dans une action « pacifique » contre la MONUSCO
Une panique a vécu au centre-ville de Butembo entre 10 heures 30 minutes et 11 heures 30 de ce mardi 09 août 2022. Tout est parti du débarquement de la Police lors du lancement de la campagne de port d’étoffes rouge au rondpoint VGH.
Cette activité a été initiée par la synergie des organisations féminines de Butembo pour exiger le départ de la MONUSCO.
Les initiatrices ont commencé l’activité par la distribution des étoffes rouge à la population. En ce moment, certaines femmes s’étaient déjà apprêtées pendant que d’autres étaient déployées pour la même cause dans différents marchés de la ville de Butembo. Il s’agit entre autres de Rughenda, Vichai et Biasa.
Avant la fin de la distribution d’étoffes au rond-point VGH, la police a débarqué. Du coup, les forces de l’ordre ont arraché de force les étoffes des têtes et bras des manifestants, pourtant pacifiques.
Des rouleaux d’étoffes en cours de distribution ont aussi été très vite ravis des mains des organisatrices.
Alors que les activités au centre-ville se déroulaient normalement, les portes des boutiques, les galeries, cabines de télécommunication et autres ont été alors été fermés. Leurs propriétaires ont couru dans tous les sens pour se mettre à l’abri des probables altercations.
Seulement certains taximen et autres curieux sont restés pour déplorer la manière dont les éléments de la Police brutalisaient les hommes et femmes favorables au départ immédiat de la MONUSCO.
Parmi ces témoins, certains ont même qualifié la Police de « perturbatrice d’ordre public. »
« Vraiment, la situation était totalement bonne mais c’est la police qui vient de troubler l’ordre. Puisque la Police est là pour nous protéger et nos bien. Alors, quand elle commence à troubler l’ordre public, ce n’est pas du tout bon. J’appelle les autorités de la police à prodiguer des conseils à leurs policiers », s’est plaint un habitant.
En outre, des conducteurs de mototaxi, des femmes et hommes à l’extérieur et à l’intérieur des boutiques, magasins, pharmacies, dépôts, cabines et dans le marché central, ont eux aussi insister sur le départ de la MONUSCO, en portant ces banderoles.
« (I) La banderole que vous voyez sur ma tête veut dire que beaucoup de sang vient de couler sur la terre de nos ancêtres. (II) Nous avons porté ceci pour montrer aux agents de la MONUSCO que nous ne voulons plus d’eux. (III) C’est une colère contre la MONUSCO. Je voudrais que la MONUSCO puisse quitter notre pays », ont-ils insisté.
Le lancement de la campagne de port d’étoffes rouge aura été une réussite pour les organisatrices. Celles-ci l’évaluent positivement, malgré la perturbation imposée par les éléments de la Police.
« L’action s’est bien passé. Nous avons remporté la victoire malgré que la police nous a troublé. Mais, étions surprise d’être menacées par la police. C’est aux moments où les gens prenaient des étoffes. Les gens avaient vraiment soif de l’action », a-t-elle fait savoir.
La réaction de la Police n’a pas tardé. Le Commissaire supérieur principal, Polo Ngoma- Di- Ntoto Jean Paul, précise que l’activité organisée par ces femmes ce mardi au niveau du Rond-point VGH n’a pas été autorisée par l’autorité urbaine. A l’en croire, les éléments de la PNC qui étaient sur place n’ont même pas brutalisé les femmes.
Il convient de préciser qu’après le lancement de cette campagne, les organisatrices appellent les habitants à mettre ces étoffes rouges à la tête, au bras ou au coup dès ce mardi jusqu’au départ de la MONUSCO. Dans la suite de leurs actions, les organisations féminines de Butembo maintiennent aussi leur activité prévue pour ce jeudi 10 août 2022. Elle consiste à implanter des drapeaux avec des messages dans les points chauds de la ville de Butembo.
Esther Vwiravwahali