Butembo-Beni : l’activisme des miliciens impacte négativement sur la pastorale en paroisse de Byambwe, (Abbé Alphonse Kasereka)

L'Abbé Alphonse Kesreka après une interview accordée dimanche dernier à RADIOMOTO.NET. Ph. Kakule Kilumbiro

La pastorale en paroisse de Byambwe dans le groupement Manzia en chefferie des Baswagha dans le diocèse de Butembo-Beni reste complexe pour autant que la population n’est toujours pas stable. C’est ce qu’affirme le vicaire de cette paroisse au cours d’une interview accordée à RADIOMOTO.NET, le dimanche 09 octobre, à Itendi. Il évoque aussi l’activisme des miliciens dans la région.

L’abbé Alphonse Kasereka Mbavyandi note que les chrétiens participent nombreux aux cérémonies liturgiques en cas d’une circonstance spéciale comme le dimanche et les jours de fêtes.

« La plupart de chrétiens participent par exemple à la messe mais ne communient pas », se désole-t-il.

Il poursuit que d’autres préfèrent vivre dans le concubinage que de régulariser leur situation par le sacrement de mariage. Ce qui rend le travail difficile aux ministres de Dieu, indique monsieur l’abbé Alphonse Mbavyandi.

« C’est vrai que notre paroisse est ancienne à tel point que des tels problèmes ne se poseraient plus. Le sacrement n’est pas très fréquent. Les gens sont moins nombreux qui communient. Même les baptêmes aussi. Chez nous ça va un peu par rapport à ceux qui sont à Manguredjipa. Mais, déjà nous vivons la même situation. Il y a des concubinages mais aussi, d’autres grandes réalités », a-t-il fait savoir.  

Au-delà de tous les efforts que fournissent les prêtres, l’insécurité ne leur permet pas d’atteindre certains milieux. Ce qui fait que les ministres de Dieu peuvent faire un mois sans visiter certains secteurs, explique-t-il.

Certains milieux sont sous le contrôle des groupes négatifs alors que d’autres bénéficient des services des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Dans tous les cas, les chrétiens ne sont pas stables à cause des tracasseries dont ils sont victimes de la part des porteurs d’armes, regrettent l’abbé Alphonse Mbavyahi.

« On essaie de lire les signes de temps. Nous, on prêche l’évangile. On n’aborde pas tellement cette question. Mais quand-même, c’est un peu compliqué. Il est vrai que nous sommes dans une région quelque peu en insécurité. Même si cela n’est pas total. Mais, on a peur. On ne sait pas ce qui va arriver demain (dans le futur : ndlr). Qu’en cela ne tienne, on essaie de faire ce qui est possible. Dieu aidant, on essaie d’évangéliser les chrétiens que nous avons », a-t-il ajouté.  

Malgré cette vulnérabilité, les chrétiens se donnent au développement de l’église locale. A en croire notre source, ils s’impliquent notamment dans la construction des maisons de Dieu et nourrissent leurs pasteurs.

Kakule Kilumbiro

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