Ras-le-bol contre l’Occident face au ‘‘génocide’’ en RDC : un internationaliste conseille le gouvernement à s’appuyer sur ces manifestations pour interpeller les décideurs internationaux

Mbusa Kilumbiro Muhasa, analyste politique et licencié en Relations internationales. Ph. Droit tiers

Les manifestations contre certaines chancelleries occidentales en République démocratique du Congo sont l’expression d’un ras-le-bol de la population, et le gouvernement congolais devrait s’appuyer sur cela afin d’interpeller les décideurs de la Communauté internationale. C’est une exhortation de Mbusa Kilumbiro Muhasa, analyste politique et licencié en Relations internationales.  

Se confiant à RADIOMOTO.NET le dimanche 11 février 2024, il croit que les mécontentements de la population ont leur raison d’être, vu la situation d’insécurité que traverse la RDC dans sa partie orientale depuis de décennies.

Tout en ne soutenant pas de manifestations violentes, il estime que l’intensification de telles activités peut afin amener l’opinion internationale à prêter oreille à la voix des congolais.

« Comme Etat, c’est le gouvernement qui devrait demander cela. En relations internationales, quand vous ne jouez plus correctement votre rôle, on peut vous demander de partir. Ça se fait. Ce n’est pas une chose qui peut devenir un problème. D’ailleurs le Congo peut demander à ce que toutes ces chancelleries puissent s’en aller, parce qu’elles jouent contre les intérêts de la RDC », a-t-il démontré.

La même source propose que le gouvernement aille loin en touchant les intérêts économiques de ces pays soupçonnés dans le financement de la guerre en RDC. C’est en boudant, par exemple, certains services de ces chancelleries et suspendre certaines autres exportations.

« C’est bon comme on a exprimé ce ras-le-bol, mais je voudrais que les congolais puissent prendre conscience. Si on avait autosuffisance alimentaire, on allait demander la non importation de nos produits. Ils ont des intérêts ici. Canal+ appartient aux français, mais on peut dire qu’on ne réabonnera plus à Canal+. Si aujourd’hui, on peut décider de ne plus faire de l’argent à ces gens-là qui financent la guerre, (ce sera grand-chose : ndlr). Ils nous vendent des services qui financent la guerre », a-t-il analysé.

Depuis quelques jours, des manifestations sévissent devant certains ambassades et d’autres sont sous menaces à Kinshasa. Une centaine de manifestants se sont réunis ce samedi à proximité des ambassades américaine, chinoise et portugaise à Kinshasa, non loin également du quartier général de la MONUSCO.

Ils accusent les occidentaux d’hypocrisie et de passivité face à l’agression du pays par les M23 appuyés par le Rwanda. Plusieurs véhicules de la MONUSCO ont été brulés.

Stanley Muhindo  

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