Butembo : voici la stratégie qu’utilise Kavira Muhiyi, déplacée de guerre, pour contourner la ‘‘mendicité’’

« Etre déplacé de guerre n’est pas nécessairement une condamnation à la mendicité ». C’est une conviction de Kavira Muhiyi, une déplacée de guerre, encadrée par l’organisation dénommée Intégration sociale pour la promotion des nécessiteux (ISPRON) en ville de Butembo. Elle dit usée de son talent d’agricultrice pour contourner la mendicité.

RADIOMOTO.NET l’a rencontré dans le cadre des préparatifs de la célébration de la journée des droits de la femme. Kavira Muhiyi est une déplacée de guerre de Kisunga depuis 8 mois.

A Butembo, elle a juré de ne jamais mendier car, dit-elle, il est très possible d’éviter cette façon de survivre. Kavira Muhiyi a plutôt développé ses propres techniques pour s’attirer la sympathie des bonnes volontés.

« Je suis une femme paysanne. A mon arrivée à Butembo, j’ai acheté une houe. Avec ça, je cours derrière ceux qui vont au champ. Quand quelqu’un entre dans son champ, je vais vers lui. Je travaille à ses côtés. A la fin de la journée, quand il faut retourner, il me propose des options, me laissant par exemple la latitude de choisir ce que je veux prendre parmi les récoltes. Quand je rentre à la maison, je prépare et je mange… », a-t-elle témoigné.

Cette sexagénaire indique profiter encore de sa force pour gagner sa vie malgré sa situation de déplacée de guerre.

« Depuis que je suis ici, je constate des bénédictions dans la vie. Je ne mendie pas. Je suis paysanne de naissance. Il y a des gens qui veulent gagner à moindre effort, et ils ne vont pas au champ », a-t-elle ajouté.

Kavira Muhiyi est une mère de 8 enfants. Si ces derniers vivent dans des familles d’accueil, leur mère quant à elle, vit avec la responsable de l’ISPRON. Soucieuse du bien-être de sa famille, elle veut entreprendre et ainsi rassembler toute sa famille dès que possible.

« Mon projet est de trouver les moyens pour payer un ballon de friperie, et ainsi amorcer une activité commerciale. Comme ça, je pourrai louer une maison pour toute ma famille. Et avec ça, mes enfants et moi nous nous sentirons à l’aise », a-t-elle souhaité.

Cette femme se dit disponible à rendre service pour toute activité champêtre. Pour la trouver, il convient d’arriver en paroisse Cathédrale au bureau de l’ISPRON.

Esther Vwiravwahali

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