Butembo-Beni: Mgr Sikuli recommande à la Justice de « rechercher plus de preuves avant toute condamnation » 

L’évêque du diocèse de Butembo-Beni invite tous les fidèles à bien méditer le récit de la passion du Christ et trouver chacun, du côté de quel acteur il est. Il demande aussi à la Justice de rechercher plus des preuves avant toute condamnation.

Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech l’a dit dans une interview accordée à la presse, le dimanche 24 mars 2024, dimanche de Rameaux dans l’Eglise Catholique. Pour lui, la meilleure méditation de la passion du Christ passe par l’observation des acteurs du récit et l’appropriation individuelle par chacun.

« Il faut regarder tous les acteurs dans ses actions. Chacun de nous doit pouvoir s’y retrouver. Il doit se poser la question, parmi tous ces acteurs, où puis-je me placer? Est-ce que je suis de ceux-là qui ont reconnu en ce moment-là, que c’était lui le Messie? Ou bien l’un de ceux qui, n’ayant jamais l’accepter, compris; n’ayant jamais reçu sa parole? », a fait interroger l’Ordinaire du lieu.

Il rappelle aux détenteurs du pouvoir judiciaire, qu’il faut rechercher les preuves de la Justice avant toute condamnation. Monseigneur Sikuli, citant Pilate qui avait tout le pouvoir mais qui s’est laissé manipuler par la foule, dans ce récit de la Passion, croit qu’il y a des jugements qui ne sont rendus que pour plaire à une catégorie de personnes ou par peur de perdre son poste.

« Pilate qui était le dernier recours, qui entendu de témoignages devant la pression de la foule, il cède. Au fond, il prononce la sentence : la mort d’un innocent et la libération de quelqu’un qui était connu comme un malfaiteur (Barrabas). Sous la pression de la foule, il y a certainement les enjeux du pouvoir. Il voulait conserver son pouvoir. Il voulais faire plaisir à cette foule, à laquelle il n’appartenait pas d’ailleurs de sang. Il sera même surpris que l’innocent sera mis à mort », a affirmé l’évêque du diocèse de Butembo-Beni.

Il a déploré la situation vécue actuellement dans les prisons qu’il n’hésite pas à qualifié de « poubelle ». Monseigneur Sikuli Paluku rappelle que la prison est une maison de correction et non un mouroir. Ainsi a-t-il interpelé les dirigeants à s’occuper des compatriotes dont plusieurs innocents, qui souffrent dans les prisons.

Stanley Muhindo

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