Éventuel changement de la Constitution : la classe politique révoltée contre Tshisekedi

La classe politique congolaise reste surchauffée à cause des paroles prononcées par le chef de l’État congolais sur une éventuelle volonté de changer les textes constitutionnels. C’était au cours d’une interview que Félix-Antoine Tshisekedi a accordée, la semaine dernière, à la presse européenne particulièrement à la Deutsche Welle.

Pour le président congolais, il est presque urgent que la Constitution soit adaptée à la vie actuelle du pays. Félix-Antoine Tshisékedi a démontré que la Constitution du 18 février 2006 était adaptée à une période post-conflit.

« C’est une Constitution qui a été présentée aux congolais après le moment des conflits. Donc, c’est une Constitution post conflit. Je crois qu’il y a un problème avec notre Constitution. Il faudrait faire des réformes pour qu’on ne perde plus beaucoup de temps à constituer le gouvernement », déclarait-il.

En comprenant ses idées, les opposants trouvent en Félix-Antoine Tshisekedi l’idée de vouloir briguer un troisième mandat. Christian Mwando, représentant du groupe parlementaire de l’opposition, interrogé par RFI, note que le peuple congolais n’acceptera pas ce mauvais jeu politique.

« S’il veut briguer un troisième mandat, ça on ne doit pas l’accepter. C’est un manque total de leadership. Le leader est en voyage. Tshisekedi doit prendre ses responsabilités pour la République, et ne pas toujours mettre la faute sur les autres. Les textes sont clairs, sont bons », a-t-il témoigné.

C’est le même écho du côté des défenseurs des droits humains. Ils estiment que le chef de l’État a franchi la ligne rouge.

Jean-Claude Katende de l’ASADHO croit que cette idée de Félix-Antoine Tshisékedi risque de plonger le pays dans la crise.

« Même au milieu des membres de l’Union sacrée, il en a plusieurs qui n’accepteront pas que le nombre des mandats soit changé, que la durée du mandat et le mode de désignation du président change. Ouvrir cette porte donnerait de la légitimité à toute personne qui pourrait recourir, aux moyens légitimes ou non légitimes pour défendre la Constitution », a-t-il opiné.

La question reste de savoir si les autres membres de l’Union sacrée sont d’accord avec une modification de la Constitution. Sinon, avec la configuration du Parlement d’aujourd’hui, un tel projet ne pourrait rencontrer un blocage.

Kakule Kilumbiro

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