Butembo : des fiancés appelés au dépistage de la drépanocytose avant de se marier

“Avant de vous mettre en couple, rassurez-vous d’avoir passé le dépistage de la drépanocytose”. Ce conseil a été donné par le docteur Muhindo Kasusula Bienvenue, médecin traitant à l’hôpital Matanda. Il s’est exprimé au cours d’un échange organisé par le Centre de citoyenneté et de développement (CDC) de Butembo, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la drépanocytose, célébrée le 19 juin de chaque année. 

À l’entame, le docteur Kasusula définit la drépanocytose ou l’anémie SS comme une maladie génétique de l’hémoglobine. Elle se manifeste par une anémie, la fatigabilité, une sensibilité aux infections, des crises douloureuses, la paralysie, la perte de la parole, la coloration des yeux en jaune, la perte de certaines parties des os, des plaies chroniques.

Le docteur Kasusula rassure qu’il y a moyen de minimiser la recrudescence de crises de la drépanocytose. Il conseille, à cet effet, les parents qui ont des enfants drépanocytaires de les laisser se reposer suffisamment, de leur donner des habits non serrés, de ne pas les soumettre à des lourds travaux, de les laver de l’eau tiède.

La drépanocytose étant une maladie douloureuse et incurable qui ne permet pas souvent au malade d’atteindre plus de 25 ans, le docteur Kasusula conseille aux jeunes couples de toujours se faire consulter avant de s’unir pour la vie.

« Ce n’est pas bon de se retrouver sur la route et déjà commencer la vie en couple. Il est normalement recommandé de commencer par une consultation puisque le médecin va vérifier si l’individu masculin et féminin sont réunis, ne présentent pas de risques de survenue de certaines maladies. C’est là qu’un test est fait, le test d’Emmel. Alors s’il a n’y pas de soucis, on communique au couple de continuer son parcours. Si les deux ont une trace S dans leurs matériels génétiques, en tout cas  parmi leurs enfants, il y aura ceux qui seront des SS. Donc, il y a des situations où le médecin peut encourager l’union et des situations où les médecins peuvent décourager l’union », a-t-il conscientisé.

Présent à cette activité, Patient Kasereka, un drépanocytaire, fait savoir que sa vie est un miracle, car il vient de totaliser 31 ans avec cette maladie. Un cas qui est tellement rare, car nombreux n’atteignent même pas 25 ans, fait-il remarquer. Malgré la douleur et les complications de la maladie, Patient Kasereka tient encore le coup.

« Je suis né avec la drépanocytose. Avant quand je présentais l’anémie, il était vraiment difficile de trouver quelqu’un qui a le sang compatible avec le mien. Mais aujourd’hui ; j’accède facilement au sang. Je ne peux pas passer toute une journée à l’hôpital sans trouver le sang. Aujourd’hui j’ai 31ans et je suis encore en vie. Avant, on me disait que je n’atteindrai même pas 20 ans. Mais Dieu me garde toujours en vie. Les médecins m’encouragent souvent en me disant de prendre toujours les médicaments car c’est Dieu qui détient la vie. Ils me conseillent aussi d’éliminer les stress pour ne pas mourir tôt », a-t-il témoigné.

La journée mondiale de lutte contre la drépanocytose a pour objectif d’informer et de sensibiliser le grand public sur cette maladie génétique méconnue et de récolter des fonds pour soutenir les familles des enfants drépanocytaires.

Rosette Kamukehere

 

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