Butembo : Rose Tuombeane appelle les habitants à bien garder les images de leurs proches massacrés au Grand Nord-Kivu
Les habitants doivent garder jalousement les images de leurs proches tués dans des massacres au grand Nord-Kivu. Ce, pour garder des preuves des tueries des civils dans la région, même après plusieurs décennies. Cet appel émane de Rose Kahambu Tuombeane, le vendredi 02 août 2024, à l’occasion de la 2ᵉ commémoration du Génocide lié aux faits économiques (GENOCOST) en République démocratique du Congo.
D’après elle, il est plus qu’urgent que des personnes tuées dans le grand Nord-Kivu soient identifiées. L’identification passe également par le ramassage des photos des victimes durant leur vivant, mais aussi celles qui les présentent déjà massacrées.
L’initiatrice de la campagne note que ces photos vont renforcer les recherches déjà menées dans les jours passés.
« Nous devons travailler d’abord pour documenter et rendre plus professionnel notre documentation. En matière des documentations, de reconnaissance d’une situation telle que le génocide, il nous faut des éléments de preuve. C’est pourquoi nous avons voulu demander à toute la population qui a enregistré un décès dû au massacre, de bien vouloir nous envoyer des photos de ces victimes, ces compatriotes, même de leur vivant. Parce que cela va nous aider à renforcer la documentation qui est déjà faite », a-t-elle conscientisé.
Pour comprendre le sens historique de la mise en place d’une base de données pour les victimes des massacres, RADIOMOTO.NET a contacté l’historien Muhongya Wakavwaro.
Pour lui, ces images peuvent servir pour l’érection d’un mémorial sur lequel sera racontée l’histoire aux générations à venir. Il s’agit également, selon lui, des preuves à mettre à la disposition de la Communauté internationale pour que Justice soit faite.
« C’est de montrer à la communauté, tant nationale qu’internationale, que nous avons des preuves suffisantes, qui montrent que nous avons longtemps été meurtris. Montrer qu’on a été victime d’une sorte de génocide. C’est pourquoi nous devons garder ces photos-là pour servir de mémorial, afin qu’après même 10 ans, l’histoire puisse se faire raconter si facilement », a-t-il insisté.
Dans le grand Nord-Kivu, seulement certaines tombes des victimes des massacres dans la région de Beni érigées dans le cimetière de Kibango, sont considérées comme mémorial. Ils sont souvent entretenus à l’occasion de la commémoration du début des massacres à Beni.
Glodi Mirembe