Butembo : la société civile condamne le décès d’un détenu au cachot de l’auditorat militaire

Mathe Saanane, président de la coordination urbaine de la société civile de Butembo. @ Kakule Kilumbiro

La société civile hausse le ton et condamne le décès d’une personne au cachot de l’auditorat militaire de Butembo. Elle exige des enquêtes ainsi que la suspension de la première substitue de l’auditeur militaire, qui aurait ordonné l’arrestation de la victime. L’auditeur militaire confirme le fait et rassure qu’une procédure administrative est en cours.

Dans un point de presse animé ce lundi 05 août 2024 à son office, Mathe Saanane, président de la société civile de Butembo, a raconté que ce cas est intervenu le 15 juillet dernier. Il s’agit de Kambale Valentin Georges alias Aslada qui avait été arrêté par son beau-frère pour une affaire de vol de moto.

La victime aurait été gravement tabassée avant d’être conduite au cachot de l’auditorat. La société civile déplore les conditions dans lesquelles cette personne avait été arrêtée et détenue.

« La victime, aussitôt arrêtée vers Rughenda, a été conduit manu-militari devant le cachot de l’auditorat militaire de Butembo, où il a passé pratiquement 5 jours sans pièces de détention, moins encore aucune plainte écrite déposée contre elle. C’est pourquoi, en date du 15 juillet, jour de sa mort, il est difficile de connaitre l’infraction qui est mise à sa charge », a-t-il déclaré.

La structure citoyenne parle d’une violation des droits humains. Elle exige de l’auditeur supérieur militaire du Nord-Kivu des enquêtes urgentes et indépendantes. Ce, en dessaisissant l’auditeur militaire de garnison de Butembo, afin d’établir les vraies circonstances dans lesquelles est décédé Kambale Valentin Georges.

Elle recommande également la suspension, sans délais, de Kahambu Muhasa Melissa, présumée auteure de l’arrestation arbitraire et la détention illégale.

Contacté par la presse, l’auditeur militaire de Butembo a reconnu le fait. Major Georges Kuwa Milosi note que la victime n’avait jamais été entendue pendant tous ses cinq jours de détention.

Il annonce l’arrestation d’au moins cinq personnes, parmi lesquelles le plaignant du défunt et les deux militaires ayant procédé à l’arrestation.

Quant à savoir la suspension de sa collaboratrice tel que demandé, l’auditeur parle d’une procédure administrative en cours.

Stanley Muhindo 

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