Beni : arrêtés par les éco-gardes de l’ICCN, 14 agriculteurs en attente de leur verdict au TRIPAIX
Quatorze (14) agriculteurs sur les quarante (40) arrêtés par les éco-gardes de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) dans la zone de Mwalika, en chefferie des Bashu, attendent le verdict du tribunal pour leur dossier. Ils ont comparu lundi 21 juillet devant le tribunal de Paix de Beni lors des audiences organisées à la prison centrale Kangbayi.
Le ministère public les accuse d’avoir cultivé une portion du Parc national des Virunga, un patrimoine mondial géré par l’ICCN. Au cours de l’audience, l’organe de la loi a requis un an de servitude pénale principale contre chaque prévenu ainsi que le payement des amendes. À leur tour, les avocats des prévenus ont plaidé pour l’acquittement des prévenus, évoquant le doute sur les limites de cette aire protégée.
Maître Elie Musavuli Vaghumawa, membre du collectif de la défense des prévenus, croit à la sagesse du tribunal et espère qu’il dira le bon droit.
“Nous avons plaidé l’acquittement de l’ensemble des prévenus. À ce jour, nous avions déjà obtenu la libération de 26 d’entre eux ; il en restait 14. Au total, ils étaient 40. Pour notre part, nous avons fait tout ce qui était nécessaire, en avançant des arguments solides afin d’obtenir l’acquittement de ces agriculteurs. Nous osons croire que le juge tiendra compte de nos arguments, qui sont fondés en droit. Étant soumis uniquement à l’autorité de la loi, nous espérons qu’il rendra une décision juste, dans l’intérêt de la population. Par ailleurs, selon le principe fondamental du droit pénal, le doute profite à l’accusé. L’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) s’est montré incapable de prouver les limites précises du parc. Cela crée un doute légitime : comment peut-on affirmer que ces agriculteurs ont cultivé illégalement les terres d’un parc, alors même que vous êtes incapables d’en définir les limites du parc ?”, a-t-il interrogé.
Il est à noter que sur les 40 cultivateurs arrêtés il y a quelques mois, 26 avaient déjà été libérés à la phase pré-juridictionnelle.
Milan Kayenga