Butembo/Manifestations anti-MONUSCO : 3 après, la Justice pour les victimes toujours réclamée
Les acteurs de la vie sociale continuent d’exiger que justice soit faite dans le cadre des manifestations qui ont couté la vie à 11 personnes lors des manifestations contre la MONUSCO à Butembo, en 2022.
En date, le point de vue de Kabambi Kananga Yves Célestin, coordonnateur du mouvement Éveil Citoyen. S’exprimant au micro tendu par RADIOMOTO.NET, le jeudi 24 juillet 2025, cet analyste pense que ces trois ans doivent interpeller la population.
À ce niveau, « tout le monde doit s’approprier la lutte », lance-t-il tout en saluant la dignité des jeunes qui ont perdu leur vie lors de cette manifestation. Mais, poursuit-il, la justice doit être rendue pour que les familles des victimes soient remises dans leurs droits.
“La justice doit être rendue, parce que les éléments de casques bleus de la MONUSCO avaient utilisé des armes létales pour abattre des victimes qui étaient à mains nues. Or, ces manifestants n’avaient pas d’armes létales pour justifier un tel usage de la force. Il y a donc eu une violation flagrante du principe de proportionnalité dans l’usage de la force, pourtant bien connu de ceux qui sont censés être formés et informés. C’est pourquoi, trois ans après, nous réclamons toujours justice pour ces victimes des manifestations contre la MONUSCO. Et la lutte doit continuer, pour que la République démocratique du Congo recouvre enfin sa souveraineté”, a-t-il insisté.
La même source reste convaincue que la population de Butembo est accueillante pour tout le monde dont le souci est de contribuer au retour de la paix. Pour preuve, mentionne-t-il, la présence des humanitaires du Programme alimentaire mondial (PAM) et du Comité international de la croix rouge, CICR dans plusieurs activités à travers la région.
« Il faut d’abord savoir que la présence des organismes internationaux dans une entité signifie que cette entité-là est habitée par des personnes ou une population qui vit dans une vulnérabilité extrême. Alors, moi, je pense qu’à Butembo, ceux qui interprètent l’absence de certains organismes et y collent ce genre de motifs se trompent. Je crois que la ville de Butembo est déjà accueillante, hospitalière envers tous ceux qui peuvent contribuer, à leur manière, à ce que nous puissions finalement recouvrer notre dignité. Je tiens à insister là-dessus”, a-t-il démontré.
Pour rappel, le mardi 26 juillet 2022, la ville de Butembo a connu des émeutes entre habitants et personnel de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo (MONUSCO), jugée inefficace. Ce jour, 11 personnes, dont un casque bleu marocain et deux éléments de l’UNPOL, ont trouvé la mort lors des échauffourées.
Ngunza Mapasa