Beni : des habitants dénoncent des tracasseries militaires à Butuhe 

Des femmes rassemblées dans la parcelle du chef de la cellule Kangothe pour faire part des tracasseries militaires. Ph. Gerkas Mathe

Les habitants de Butuhe s’insurgent contre le comportement des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) basés dans ce village situé en groupement Malio, en chefferie des Bashu, dans le territoire de Beni, au nord-ouest de la ville de Butembo. Ces derniers l’ont dénoncé à RADIOMOTO.NET, en fin de cette semaine. Ils demandent au gouverneur de province et aux autorités en charge de la sécurité de procéder urgemment au relèvement de ces éléments. 

Selon ces habitants, le calvaire est vécu au niveau de la barrière. Au départ des agents de péage-route aux heures vespérales, les éléments FARDC se comportent en maitres à cet endroit. Ils tracassent, extorquent et pillent argent, téléphones et produits champêtres de la paisible population qui passe. 

La population dénonce également l’érection d’une position militaire dans les environs du Centre théicol de Butuhe (CTB) et tout près d’une institution scolaire. En conséquences, l’effectif des élèves a sensiblement diminué, se désolent certains enseignants. 

La même population dénonce le traitement inhumain et dégradant dans le cachot entretenu par les militaires et toute libération est conditionnée par un paiement variant entre 100 et 120 dollars américains. 

“(I) Nous, les mamans de Butuhe, sommes fatiguées. Notre village a changé. Il y a des militaires qu’on appelle « corbeaux », qui ne protègent pas la population. Au lieu de cela, ils nous traquent comme des animaux, nous extorquent de l’argent et sèment la peur. Ici, quand ils rencontrent des gens, c’est pour les intimider ou les faire disparaître dans des prisons souterraines. Il n’y a jamais eu de réunion pour informer ou préparer la population à l’arrivée de ces militaires. (II) Il y a aussi une école, qu’on appelle Aloy. Les enfants n’y fréquentent plus, car ils ont peur des militaires, surtout depuis qu’un camp a été installé au CTB. Officiellement, ils sont là pour garder les arbres, mais curieusement, ce sont eux-mêmes qui les vendent à la population. Quand ils rencontrent des villageois, ils les traitent comme des bêtes, comme si on était une maladie. (III) Franchement, nous souffrons. Ma fille vivait là-bas. Hier, les militaires sont venus, heureusement, ils ne l’ont pas vue… C’était vraiment dangereux”, ont-ils dénoncé. 

Ils demandent au gouverneur et aux autorités compétentes de relever cette unité afin de garder intact le mariage civilo-militaire dans cette partie du territoire de Beni. 

“(I) Nous voudrions que Kafekit vienne montrer la limite de son terrain, parce que nous ne savons pas s’il a acheté tout le terrain ou non. Les militaires ne peuvent pas acheter sans qu’on ne le sache. Là où vous avez acheté, on vous dit, ça ne vous appartient pas. Ça, ce n’est pas bon (II) Que les vasseaux et le gouverneur nous viennent en aide”, ont-ils plaidé. 

Il convient de noter que le village de Butuhe a été plusieurs fois la cible des tueries, pillage et extorsion des biens de la population. Il constitue un passage obligé pour tous ceux qui ont de champs dans cette partie, l’un des greniers de la ville de Butembo. Nous avons tenté joindre les responsables militaires, mais nos efforts n’ont pas payé.  

Évariste Mwenge

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