Butembo : la société civile tacle le “Service Kalamu” qui déverse des immondices dans des rigoles et rivières
Des immondices déversés en cours de route au niveau de "Veteri" dans la vallée de l'ITAV par l'entreprise "Tayro". @ Kakule Kilumbiro
La gestion des déchets à Butembo reste un sujet de vifs débats, particulièrement en raison de la difficulté à évacuer les immondices. Cette situation est aggravée par le manque criant de poubelles appropriées dans la ville. Le point focal du Groupe thématique environnement et développement durable (GTEDD) de la société civile de Butembo a réagi à ce constat ce mercredi 12 novembre 2025.
Fataki Baloti a exprimé sa perception sur le fait que l’entreprise “Kalamu Service”, chargée d’évacuer les ordures au centre de Butembo, les déverse dans les rigoles et rivières. Ce, avant de donner les pistes de solution sur cette manière de faire qui s’affiche déjà comme un danger pour la santé publique.
En fait, Fataki Baloti montre d’abord que tout déchet est le résultat de la vie. Pour lui, là où il y a la vie, une activité, on doit y avoir des détritus, preuve d’une empreinte écologique qui prouve que l’être vivant a dompté la nature. Mais alors, cet être, du moins humain, devrait être capable de corriger là où il a touché. De quoi il sensibilise à bien gérer les déchets, qu’ils soient biodégradables de peur qu’ils soient pour la nature.
« D’ailleurs, si on peut faire quelques petits calculs par rapport à la gestion des déchets, en ce qui concerne, par exemple, les déchets organiques, quelqu’un qui peut bien gérer cela, notamment les urines, les déchets de cuisine, les fumiers et les urines d’animaux, eh bien, c’est une entreprise. D’ailleurs, le jour où les commerçants comprendront cela, tous vont y investir, parce que ça rapporte beaucoup d’argent, des millions. Malheureusement, les gens ignorent encore ce volet-là », a-t-il démontré.
Fataki Baloti réagit par conséquent que si Kalamu n’a pas de moyens pour assumer la charge lui confiée, l’État doit directement prendre ses responsabilités. Il propose même des cadres qui peuvent servir de dépotoirs, en dehors des voisinages des activités humaines.
« Alors voilà, même celui qui voudrait dégager ces déchets-là, s’il n’a pas assez de moyens, cela reste un travail régalien de l’État. Ce n’est pas une petite entreprise qui peut se réveiller le matin et commencer à faire des petits calculs. Non, c’est une affaire de l’État, et cela demande un budget conséquent, comme nous venons de l’expliquer là-bas. Parce que pour gérer les déchets solides ici, il faut nécessairement avoir des entrepôts, comme la ville en a d’ailleurs, pas loin de Vichindo. Il y a un dépotoir, mais qui n’est pas bien alimenté. Il faut des gros véhicules pour dégager, et non pas jeter les déchets dans les rivières ou sur leurs berges. Ce que l’on voit aujourd’hui, c’est que ce que Kalamu peut ramasser dans la cité finit dans les rivières. C’est un fléau, et cela est en train de polluer nos eaux », a-t-il déploré.
Du fait que la densité de la population augmente, le GTEDD des forces vives de Butembo recommande la sensibilisation au changement de comportement, à taxer les ou sanctionner ceux qui polluent l’environnement et à trouver aux déchets une opportunité qui peut apporter des avantages à tous les acteurs de l’environnement.
Patrick Kalungwana