Lubero : la population de Mwenye se dit “abandonnée” par le gouvernement 

Des déplacés de guerre vivant en ville de Butembo, originaire du groupement Mwenye, réunis le dimanche 09 février 2025 dans la cour de l’institut Lingombe au quartier Congo ya Sika, en commune de Vulamba.

Les populations du groupement Mwenye, chefferie de Baswagha en territoire de Lubero se sentent abandonnées par le gouvernement congolais. La société civile atteste cette affirmation par le fait qu’en dépit de l’insécurité qui provoque la paralysie de toutes les activités, les autorités à tous les niveaux restent muettes. 

La fermeture du Centre de santé de référence (CSR) de Masoya, chef-lieu du groupement Mwenye depuis environ une semaine, demeure un fait éloquent pour prouver que les habitants sont abandonnés. Kambale Muthano Jérémie Mutumwa, président de la nouvelle société civile congolaise, indique que les populations n’en veulent pas aux prestataires de santé. Elles comprennent la souffrance qu’ils ont endurée suite aux caprices des groupes armés qui contrôlent cette partie du territoire de Lubero. 

Il note que plusieurs rapports médicaux ont démontré que les miliciens et leurs dépendants bénéficient des soins, mais ne payent pas au détriment du fonctionnement des structures sanitaires. 

“Au regard de la situation que nous traversons, nous pensons que les infirmiers ont beaucoup aidé la population. Déjà, les membres des groupes armés et leurs femmes reçoivent les soins sans payer. La pression sur le centre de santé de Biambwe a poussé nos infirmiers à fermer notre structure. Cela vient compliquer la vie de toute la population, parce que toutes les structures viennent de fermer leurs portes à Mandelia, Pombi, Mausa, Masoya, Musenge… Partout, on a fermé. Nous n’avons rien contre les agents de santé. Tout ce que nous demandons au gouvernement, c’est de sécuriser les populations, y compris les structures sanitaires, pour que les professionnels de santé travaillent dans de bonnes conditions”, a-t-il plaidé. 

Le président de la Nouvelle société civile congolaise (NSCC) du groupement Mwenye craint qu’à la fermeture des structures sanitaires, les maladies comme la malaria et la diarrhée provoquent des morts au sein de la population. Il a fait savoir les quelques habitants qui tentent de se rendre au champ, le font avec peur au regard de plusieurs personnes qui ont été massacrées dans leurs champs. Pour lui, le seul souhait de toute la population est de voir les miliciens quitter cette partie du territoire de Lubero. 

Tout ce que nous attendons du gouvernement est de fournir des efforts de protéger les structures sanitaires parce que la malaria, les maladies hydriques menacent la population à chaque instant. Nous pensons que si on enlève tous les groupes armés dans la région, la paix peut vite y revenir parce que tout le monde est conscient que l’ennemi se cache dans ces groupes armés. C’est ce que nous voulons”, a-t-il recommandé. 

Depuis l’année 2024, le groupement Mwenye reste instable suite au massacre de la population, le déplacement des habitants, la fermeture des écoles et en dernier la fermeture des structures sanitaires.

Kakule Kilumbiro 

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