Lubero : le président de la société civile de Bapere s’inquiète du manque de rigueur de la traque des ADF par les FARDC et l’UPDF
La société civile du secteur de Bapere attribue la persistance et l’intensification des attaques des rebelles d’Allied democratic forces (ADF), notamment dans le groupement Manzia, au manque de rigueur des opérations de traque menées par la coalition FARDC-UPDF et leurs alliés. Cette inefficacité se traduit par une perte de confiance croissante de la population envers les services de sécurité.
Son président, Kakule Kagheni Samuel, s’est exprimé devant la presse de Butembo lors d’une interview réalisée au salon de Radio Moto Butembo-Beni, le jeudi 27 novembre 2025. Selon lui, les attaques des ADF ont débuté à commettre leurs exactions dans la région le 12 juin 2024. Depuis cette date, rien n’encourage la population à louer les efforts de l’armée.
“Nous comprenons que, d’abord, on avait pris la question de l’ADF avec beaucoup de légèreté. Parce que l’ennemi a mené ses attaques dans la zone de Maikengu, dans le groupement de Bapakombe. Mais les réactions de notre armée ont été très faibles. L’ennemi ne pouvait pas contourner et rester une année et demie dans une zone avec plusieurs groupes armés, et même avec la présence de l’armée, sans être inquiété. Récemment, on a encore opéré à Biambwe, mais on dirait qu’aucun ennemi n’a été neutralisé. Et surtout, au niveau du commandement et des services de sécurité, il y a encore un sérieux problème, pratiquement à tous les niveaux. Contrairement à Mambasa, où il existe des images qui prouvent qu’un bastion a été neutralisé, qu’un certain nombre d’ennemis ont été tués… Chez nous, il n’y a pas de bilan suffisamment satisfaisant, qui pourrait pousser la population à saluer à 85 % les efforts de la coalition UPDF-FARDC”, a-t-il déploré.
Faisant allusion aux vives préoccupations de la population, Kakule Kagheni Samuel exige le remplacement de certaines autorités qui auraient failli à leur mission dans le secteur de sécurité.
“Si, il n’y a plus assez de confiance envers les groupes armés, parce qu’il y a certains groupes armés dont le bilan est négatif depuis les massacres. Moi, je pense que les revendications de la population doivent être prises avec considération. Les réservistes sont nationaux. L’ordonnance du président est claire : ce n’est pas seulement Manguredjipa. Il y a ceux-là qui sont engagés, nous sommes en train de louer leurs efforts, mais il y a aussi ceux-là qui ne font rien, alors que le gouvernement a déjà investi dans ces groupes armés. Malheureusement, leur bilan reste négatif. C’est pourquoi la population demande qu’ils soient relevés. Est-ce qu’ils sont éternels dans une partie ? Non. Et c’est justement pour cela que la population demande qu’ils soient relevés et que ces groupes armés quittent la zone”, a-t-il souhaité.
Depuis le début des Massacres dans le secteur des Bapere et en groupement Manzia, le bilan est lourd. La société civile note avoir enregistré 2 600 décès, plus de 63 000 déplacés de guerre, plus de 42 écoles fermées, plusieurs maisons incendiées et des personnes portées disparues.
Esther Vwiravwahali