Nord-Kivu : rupture de stock des intrants anti-tuberculeux en zone de santé de Butembo 

La zone de Butembo alerte sur la rupture du stock d’intrants de prise en charge de la tuberculose. Adelard Kambere, l’un des superviseurs de cette entité sanitaire, l’a dit ce jeudi 4 décembre 2025 au cours d’une interview avec Radio Moto Butembo-Beni. Il rassure cependant que les autorités sont saisies de la situation et leur intervention se fait attendre. 

Ce cadre de la santé indique que le programme de prise en charge de la tuberculose est parmi les programmes qui ont connu une rupture de financement. 

Selon Adelard Kambere, aujourd’hui, les structures de santé ne se limitent qu’au dépistage de cette maladie pour le nouveau cas alors que les malades sous traitement s’orientent vers les officines pharmaceutiques qui se ravitaillent à leur tour en Ouganda. Adelard Kambere craint que cela puisse favoriser une résistance de la maladie chez les patients.

« Quant à la prise en charge des malades atteints de tuberculose, nous continuons à dépister les patients, mais nous faisons actuellement face à une rupture de stock de médicaments antituberculeux. C’est la principale difficulté que rencontre la zone de santé de Butembo, voire même toute la province. Nous avons appris que certaines personnes commencent à se procurer ces médicaments depuis des pays voisins, où ils sont vendus en pharmacie. Certains patients s’en procurent sur base d’ordonnances, mais sans qu’on sache si le protocole de traitement est correctement suivi. La grande crainte, c’est que cela entraîne une montée des cas de tuberculose résistante, voire multirésistante. D’ailleurs, nous avons déjà un cas de tuberculose multirésistante, ce qui complique encore davantage la prise en charge. C’est un vrai casse-tête », a-t-il fait savoir.

Les autorités sanitaires sont déjà saisies au travers différents rapports. En attendant la réponse à cette alerte, ce prestataire de la santé recommande à la population l’observance des mesures barrières pour limiter la propagation de la maladie. 

« En tout cas, nous demandons à la population de commencer par identifier les personnes qui toussent de manière persistante. Une fois identifiées, ces personnes doivent être orientées pour faire les examens nécessaires afin de savoir s’il s’agit ou non de la tuberculose. Une fois le diagnostic posé, nous recommandons que ces personnes portent un cache-nez. Vous savez, une personne atteinte de tuberculose peut contaminer beaucoup d’autres, car elle projette dans l’air des microbes que nous respirons tous. C’est ainsi que la contamination peut facilement se propager », a-t-il conscientisé.

La tuberculose est une maladie infectieuse causée par une bactérie appelée bacille de Coach. En RDC, le gouvernement a mis en place un programme national de lutte contre la maladie. Il repose sur le dépistage gratuit associé à une combinaison d’antibiotiques pendant 6 ou 9 mois.

Joëlle Mwenge

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