Nord-Kivu : une vingtaine de cas d’avortements provoqués notifiés en zone de santé de Butembo
Au moins 21 cas d’avortements provoqués ont été notifiés en zone de santé de Butembo de janvier à octobre 2025. La plupart de femmes qui ont recouru à cette pratique prohibée sont des jeunes filles qui ont eu des grossesses précoces. Ces statistiques ont été livrées à la presse jeudi 4 décembre 2025 par Adelard Kambere, superviseur dans cette zone de santé.
Ce, à l’issue de son intervention au cours de l’atelier sur la santé sexuelle et reproductive auquel ont participé les leaders communautaires de la ville de Butembo. Adelard Kambere a d’abord parlé de la situation alarmante de la santé sexuelle et reproductive en zone de santé de Butembo.
À l’en croire, le nombre de grossesses précoces a sensiblement haussé cette année et nombreuses jeunes filles recourent à l’avortement clandestin.
“Le nombre d’avortements provoqués que nous avons pu enregistrer s’élève à 21 cas. La majorité concerne de jeunes filles âgées de 16 à 24 ans, souvent motivées par la peur d’assumer une grossesse non désirée. Dans plusieurs cas, il s’agissait d’élèves qui, par crainte d’abandonner leurs études ou de devenir un poids pour leurs familles, ont eu recours à l’avortement. Malheureusement, ces jeunes filles ne se présentent à l’hôpital qu’après avoir développé des complications graves. Il est important de noter que lorsque ces avortements sont provoqués dans des conditions non médicalisées, les patientes n’arrivent souvent pas à terme sans risques, ce qui met leur vie en danger”, a-t-il fait savoir.
Vu ces chiffres alarmants, Adelard Kambere insiste sur le renforcement de l’éducation des jeunes filles en matière de santé sexuelle et reproductive pour limiter les grossesses précoces. Aux filles qui se font engrosser, d’accepter la situation et de supporter la grossesse jusqu’à son terme, conscientise notre source. Adelard Kambere est également revenu sur les conséquences sanitaires de l’avortement provoqué.
« La conséquence, c’est que cette femme peut saigner et tomber dans une anémie. Là, c’est quand ça passe bien. D’autres peuvent mourir de chocs hypovolémiques parce qu’on ne les a pas soignées. D’autres font des infections, des endométrites. D’autres peuvent perdre leur utérus parce qu’elles ont tenté de faire le curetage et on a perforé l’utérus. Et on est obligé de faire une hystérectomie. Et la jeune fille va perdre son utérus comme ça, et toute sa vie, elle ne mettra pas au monde. Donc, il n’y a pas que des conséquences légères. Mais le mieux, c’est de savoir prévenir, d’éviter d’être enceinte avant le temps. Et si on est déjà enceinte, il faut aller faire la consultation, la CPN, là on va vous aider”, a-t-il conseillé.
À part ces conséquences sanitaires, l’avortement provoqué est aussi punissable par la loi congolaise à la peine de mort.
Joëlle Mwenge