Nord-Kivu : l’Abbé Moïse Kanduki propose le « plein pouvoir » pour le Gouverneur face aux ADF
L’Abbé Moïse Kanduki, Vicaire à la paroisse Cathédrale à Butembo, a exprimé au Président de l’Assemblée nationale sa colère contre la poursuite des massacres dans l’Est. Ce prêtre du Diocèse de Butembo-Beni a profité de la présence de Aimé Boji Sangara pour lui présenter ses propositions concrètes de mettre fin aux massacres.
En effet, le Speaker de la chambre basse du parlement a prié, le dimanche 22 février 2026 avec les fidèles en la première messe dite en la cathédrale. A la présidence, l’Abbé Ignace Matsungu, Chancelier diocésain, représentant de Monseigneur l’Évêque en mission en dehors du Diocèse. L’Abbé Matsungu était donc entouré de l’Abbé Roger Kabuyaya, Curé ; l’Abbé Patrick Kasolene, Conseiller du Gouverneur de province et de l’Abbé Moïse Kanduki.
Ce dernier a eu une occasion hors pair de parler. Dans sa chaise roulante, il a tenu à illustrer le drame des massacres par une collection des photos montrant des femmes, enfants et hommes égorgés de manière atroce. Puisque, en dépit des efforts du Gouverneur militaire dans le domaine du développement, le Général Major Somo Kakule Evariste n’est pas encore applaudi totalement chez lui.
« Nous avons aujourd’hui un gouverneur militaire, un fils de chez nous, à qui nous jetons des pierres, des cailloux. Lorsqu’on nous égorge, on égorge nos mamans, on a incendié un hôpital, on a tué des enfants et des mamans. Pourquoi nous échouons à exterminer ce petit groupe ? Nous nous appelons un petit groupe parce que c’est par rapport à notre nombre. Parmi les réponses qu’on nous donne, il (le Gouverneur) n’a pas tout le pouvoir. Vous l’avez exprimé en l’église, il dépend directement de la hiérarchie. N’y a-t-il pas moyen de lui donner tout le pouvoir, tous les moyens et une mission spéciale, rien que pour le phénomène ADF ? Le M23, ça c’est général, c’est national et même international. Mais ici, chez nous, ce phénomène ici, nous avons toujours pensé que si on donnait, par exemple, au Gouverneur, tous les pouvoirs et tous les moyens, je pense que nous profiterons. Et c’est la demande que je vous présente simplement : donnez-nous des armes, des munitions et tous les autres moyens. Et nous allons nous-mêmes finir cette guerre…», argumente ce prêtre diocésain.
Ce message n’a pas laissé indifférent le Président de l’Assemblée nationale qui a affiché une attitude attentive vis-à-vis de son interlocuteur. Aimé Boji Sangara se dit également victime de cette guerre et exprime son optimisme pour la fin de la guerre.
« Ne croyez pas que je vais rentrer à Kinshasa pour m’endormir. J’ai vu, j’ai entendu. Ici par exemple, je viens d’écouter deux mamans violées plusieurs fois par 15-20 personnes. Ce n’est pas parce qu’on a un poste de responsabilité qu’on perd la sensibilité humaine. Nous partageons les mêmes sentiments, les mêmes blessures. Moi-même, j’ai dit à l’église, je suis aussi victime. J’ai perdu des personnes. J’ai perdu ma petite sœur abattue alors que je venais de la voir deux semaines avant ce drame. Moi j’ai la foi qu’on va terminer ça », conclut-il.
Lors de son message donné vers la fin de ce dimanche 22 février 2026 en la cathédrale, l’Honorable Président Aimé Boji Sangara a fait espérer que bientôt, ce sera la fin de la guerre imposée par l’ADF et le M23. Au sujet de sa contribution pour les travaux en cours de construction dans la cour de la cathédrale, il a promis de financer le reste des travaux de pavage de cette cour.
Rédaction