Félix Tshisekedi à l’ouverture du FNAC : “Aucune puissance, aucun groupe armé, aucune administration parallèle ne pourrait effacer nos lignages, nos chefferies, nos droits coutumiers”
La ville-province de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, abrite, depuis lundi 2 mars 2026, un Forum national des affaires coutumières (FNAC). À l’ouverture des assises, le chef de l’État a motivé les participants à étudier des voies et moyens qui prouveront au monde que les terres des ancêtres de la RDC ne sont pas des terrains de manœuvres géopolitiques.
Les travaux y relatifs réunissent les chefs coutumiers du pays, les membres du gouvernement et du parlement, les présidents de la Cour constitutionnelle ainsi que les majestés du Forum des rois d’Afrique. Entre mémoire et avenir, les travaux du FNAC-2026 se déroulent sous le thème ; « Renforcement de l’autorité coutumière, gage de stabilité, de développement, de sécurité et de cohésion communautaire en RDC ».
Pour le président de la République, ce thème traduit la vérité selon laquelle là où l’autorité coutumière est respectée, structurée et bien articulée à l’État, les communautés sont plus stables, les conflits mieux prévenus et le développement plus enraciné. En plaçant ce FNAC dans le contexte sécuritaire grave du pays, Tshisekedi recommande aux participants d’user de leur génie pour penser des voies et moyens de dérouter les méthodes de l’ennemi qui vise à instituer sur les terres de la RDC les chefs coutumiers légitimes par des individus imposés étrangers aux traditions locales.
“ Parmi les méthodes utilisées par ces forces négatives figure une entreprise particulièrement pernicieuse, la tentative de substitution des chefs coutumiers légitimes par des individus imposés étrangers aux traditions locales pour mieux asseoir une logique d’occupation et de prédation. Comme j’ai eu l’occasion de le dire à d’autres occasions, je le répète encore solennellement aujourd’hui, aucune puissance, aucun groupe armé, aucune administration parallèle ne pourrait effacer nos lignages, nos chefferies, nos droits coutumiers. Les terres de nos ancêtres ne sont pas des terrains de manœuvres géopolitiques, mais le fondement même de notre souveraineté et de notre identité. C’est pourquoi je considère votre présence à ce forum non pas comme une simple participation, mais plutôt comme un acte de résistance et de patriotisme », a déclaré le chef de l’État.
À la fin de ce discours d’appel patriotique, le chef de l’État a énoncé cinq attentes que la Nation attend du FNAC-2026. Il a parlé de l’élaboration de grandes lignes de la politique nationale des affaires coutumières, de la dotation du pays d’une base de données fiable et actualisée des entités coutumières et de leurs animateurs légitimes, de l’intégration pleine des peuples autochtones, notamment les pygmées, dans cette architecture, du renforcement du rôle de médiation et de prévention des conflits des autorités coutumières qu’il s’agisse des différends fonciers, des conflits interethniques, de la coexistence entre agriculture et exploitation minière ou des tensions liées à la gestion des ressources naturelles ainsi que de la promotion de la place des jeunes et de la femme dans les dynamiques coutumières.
Pour le chef de l’État, la Nation devrait, aujourd’hui, reconnaitre que les gardiens de la coutume sont les médiateurs dans les moments de crise et les premiers recours lorsque l’État est loin ou tarde à se manifester.
Patrick Kalungwana