RDC – Sénat : une procédure de destitution vise Modeste Bahati Lukwebo

L’Union sacrée de la nation fait de nouveau face à des tensions politiques internes en RDC. Après Vital Kamerhe l’an dernier, c’est désormais le deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, qui est menacé de destitution, visé par une motion de défiance après s’être opposé à l’idée de réviser ou de changer la Constitution. Certains cadres de l’Union sacrée se disent en colère et l’accusent d’avoir manqué de respect au chef de l’État. 

La dernière crise qui a secoué l’Union sacrée, la plateforme politique du président de la République, remonte à septembre 2025, avec la démission sous pression de destitution de Vital Kamerhe à la présidence de l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, la tension refait surface au sein de la majorité présidentielle après la récente sortie médiatique du deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo. 

Face aux journalistes mercredi dernier, Bahati Lukwebo s’est opposé ouvertement à l’idée de changer ou de réviser la Constitution, une ambition régulièrement évoquée par le président Félix Tshisekedi. Selon lui, la Constitution n’est pas le véritable problème du développement du pays. Il estime plutôt que ce sont les dirigeants qui ne la mettent pas correctement en pratique. 

Il a ainsi qualifié le débat sur la modification de la Constitution de « faux débat », appelant les responsables politiques à se concentrer sur les attentes de la population congolaise. Cette prise de position lui vaut désormais de vives critiques au sein de la majorité présidentielle. Certains cadres de l’Union sacrée, notamment au sein de l’UDPS, considèrent ces propos comme un manque de respect envers le chef de l’État et la ligne politique de la plateforme. Une pétition visant sa destitution du bureau du Sénat est désormais en préparation. 

À 8 jours de la rentrée parlementaire, prévue le 15 mars, l’initiateur de la démarche, le sénateur Dany Kabongo, affirme avoir déjà réuni le nombre de signatures nécessaires pour déposer officiellement cette motion. Le président du regroupement politique AFDC-A se retrouve ainsi sur une chaise éjectable, et son sort pourrait être fixé dans les prochains jours au Sénat.

Samy Kitha

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