À Butembo, Philémon Kalondero souligne le lien entre la lecture organisée et la qualité de l’écriture
L’Université de l’Assomption au Congo (UAC) a abrité, ce jeudi 23 avril 2026, une conférence scientifique sur « La lecture pour l’écriture ». L’activité a eu lieu dans la grande salle Ouest de l’Institut Kambali, à l’occasion de la journée mondiale du livre et du droit d’auteur, sous l’égide du Centre de recherche interdisciplinaire de l’UAC.

Devant des étudiants et des enseignants d’université, Philemon Kalondero, chef d’antenne provinciale de la Bibliothèque nationale du Congo, au Nord-Kivu, a facilité le sujet de la conférence. L’orateur a montré comment, de la lecture organisée, on peut déboucher sur une bonne écriture.
Pour Philemon Kalondero, on doit lire pour le savoir, pour reproduire. Faisant référence aux auteurs Umberto Eco et Mortimer Adler, le conférencier a donné au public le schéma de la lecture pour produire une écriture, un schéma qu’il recommande à tous les écrivains, les chercheurs et les étudiants.
“Nous sommes référés à deux auteurs, Umberto Eco et Mortimer Adler, qui nous ont donné le schéma de la lecture pour produire une écriture, notamment une lecture exploratoire. Vous devez déjà voir le titre de l’ouvrage, vous allez voir l’auteur, vous allez voir la table des matières. Maintenant aussi, nous allons faire la lecture des repérages, nous allons repérer les problèmes, les objectifs, et tous les contours du livre. Nous avons parlé maintenant d’une lecture analytique, avec la prise des notes, et c’est à ce niveau que nous avons évoqué les différentes fiches de lecture qu’il faut élaborer”, a-t-il confié au micro tendu par RADIOMOTO.NET.
Après l’exposé, un débat a pris place. Des préoccupations sur l’abandon de la lecture par les jeunes apprenants aujourd’hui, l’influence des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) sur la lecture et les enjeux du plagiat ont été exposées.
En montrant l’importance de la lecture, les participants ont encouragé la lecture, même à partir du bas âge, afin que chacun y décroche des soubassements pour transformer le monde virtuel ou réel.
“L’orateur a fait renaître en nous peut-être des choses qui, par rapport à la lecture, étaient déjà en cours de disparition, surtout avec cette question du numérique qui semble ou prétend prendre le dessus. Vous trouverez, il y en a ceux qui appellent ça génération « tête courbée » avec le téléphone. Et nous nous consacrons moins de temps aux questions physiques, livres, lectures des ouvrages et tout. Donc nous nous confions aux réseaux sociaux, à l’intelligence artificielle et à tout ce qui va avec”, a fait savoir Lydie Kawalina, une des participantes.
À l’issue de l’activité, un nouveau-né dans le monde des livres a été présenté. Il s’agit de la pièce de théâtre « Le Sang des martyrs ». L’auteur, le séminariste Kadengeli Philémon, y dresse un tableau sombre de la situation sociopolitique du village « Boya » en proie aux massacres.

Édité aux éditions Ishango et préfacé par l’Évêque de Butembo-Beni, « Le Sang des martyrs » revient à 12 000 francs congolais. L’UAC détient des exemplaires qui sont en vente.
Patrick Kalungwana