Butembo : l’Union des orthopédistes traumatologues appelle à la collaboration avec les tradipraticiens
Une collaboration entre orthopédistes et tradipraticiens devait être une exigence pour prévenir les risques liés à la réparation des fractures et autres anomalies physiques chez les patients. La recommandation émane de l’Union des officiers orthopédistes traumatologues (UOOT-Grand-Nord). Ces techniciens dans le raccommodage physique du corps humain se sont réunis ce dimanche 7 juin à l’hôpital général secondaire de Matanda pour évaluer leur prestation et leur relation avec les tradipraticiens.
C’est en marge de la journée internationale du pied-bot du 3 juin 2026 que les orthopédistes traumatologues du Grand-Nord se sont réunis. À l’issue des échanges sur leur prestation, notamment sur les notions des fractures et pratiques traditionnelles, ils ont estimé qu’abandonner certains cas de fractures aux seuls tradipraticiens expose les patients à plusieurs risques.
Entre autres, la pseudarthrose, le tétanos et des infections pour des fractures ouvertes. Ils ont regretté que, faute de moyens financiers, les patients eux-mêmes se laissent soigner chez les tradipraticiens et échappent ainsi aux soins spécialisés. Les domaines médicaux étant complémentaires, les orthopédistes du Grand-Nord estiment qu’il est temps que les deux parties collaborent pour permettre de diagnostiquer les problèmes et faciliter au malade de renouer avec la bonne santé physique. Un message que réitère Katembo Masereka Charles, sénior orthopédiste de l’UOOT.
« J’ai toujours voulu chercher qu’on soit amis avec les tradipraticiens, parce que d’une part ou d’une autre, ils nous aident aussi à soigner. Souvent, je les recommande, qu’on soit unis, qu’on échange des expériences, puis nous les recommandons souvent. Quand il y a la fracture, il faudrait normalement qu’il nous avoue le malade à l’image, à la radiographie. Quand nous tirons la radio, nous renvoyons le malade avec le cliché. Maintenant, il reviendra à lui de savoir s’il saura soigner ou non. Bon, malheureusement, quelquefois, les tradipraticiens n’acceptent pas ça. Ils croient que nous allons immédiatement bloquer le malade à l’hôpital. Pourtant, nous ne sommes pas là-bas. Nous voulons soigner ce patient en attente avec lui », a-t-il déclaré.
À la même occasion, ce correcteur de la santé physique sensibilise les parents à amener toujours en temps les enfants à malformation physique à la structure compétente en vue de la réduction du taux de handicap dans la communauté.
“Nous recommanderons à tout parent qui a un enfant avec une malformation, quoi que ce soit, pied ou autre, de toujours chercher à amener l’enfant au niveau de l’hôpital ou bien au niveau du centre pour handicapé physique. De deux, d’essayer de sortir dans la couverture de penser que les malformations, c’est inné de leur famille. Alors souvent nous regrettons quand le parent dit non, non, ça c’est dans notre famille, mais l’enfant quand il grandit devient handicapé. Pourtant, actuellement, les soins de santé primaire sont en train de chercher à rééduquer, donc à refouler tout cas de malformation ou d’handicap. Donc, nous encourageons tous nos parents à venir consulter les structures, au lieu de penser que même tate yake alikuwaka vile. C’est comme ça que nous sommes en train d’entraîner un taux élevé d’handicap dans notre pays”, a-t-il conscientisé.
Outre le défi relationnel entre orthopédiste-tradipraticien, les orthopédistes du Grand-Nord voudraient que soit résolu le problème d’effectif qui ne permet pas la couverture de toutes les zones en besoin des soins orthopédistes. La résolution de ce dernier problème sera possible une fois que les jeunes s’intéresseront à leur formation dans ce domaine, ont-ils lancé.
Patrick Kalungwana