Prévention contre Ebola : le Dr Kalima Nzanzu rassure sur l’aménagement de centres d’isolement dans des formations sanitaires à Butembo 

Le docteur Kalima Nzanzu conseillant les habitants de Butembo à se mettre à l'abri de la poussière en cette période décheresse. Ph. Rosette Kamukehere

Des centres d’isolement sont en cours de construction dans différentes Formations sanitaires (FOSA) se trouvant dans les zones affectées par Ebola. Le docteur Kalima Nzanzu de l’Hôpital de référence secondaire de Matanda rassure la population. 

Lors d’une interview accordée à nos confrères de La Voix de l’UCG, il a confirmé la construction de centres d’isolement à cette période d’épidémie d’Ebola. Malheureusement, se désole-t-il, plusieurs personnes dans la communauté l’interprètent mal. 

Pourtant, dit-il, leur érection est normale, puisqu’ils vont permettre de retenir tout suspect en attendant qu’on ait les résultats des examens. Le docteur Kalima Nzanzu ajoute que cela ne se ferait pas seulement lors de l’épidémie d’Ebola mais également pour d’autres maladies épidémiques. Il comprend cependant l’attitude de certains membres de la communauté non habitués aux installations de ce genre.

« Le grand problème, peut-être, c’est parce qu’on construit ça pendant la période seulement de la maladie à virus Ebola. Mais ce sont des centres d’isolement qui devraient exister normalement dans tous les hôpitaux. Et d’ailleurs, on est en train de négocier avec ces gens qui sont en train de construire, pour qu’ils construisent ça en dur, et que ça reste pour l’éternité. Comme ça, les gens auront cette idée dans leur tête que si je viens par exemple avec la diarrhée, pour ne pas contaminer les autres, on vous met d’abord là-bas. Et quand vous êtes stable, on vous amène là où il y a les autres malades », a-t-il expliqué.

Il rassure que l’isolement n’est pas synonyme d’abandon. Mais il y a une équipe qui s’occupe normalement de ces malades pour leur guérison. Et si le garde-malade n’est pas autorisé ici, c’est pour que lui-même ne soit pas infecté. Le docteur Kalima Nzanzu sensibilise ainsi la population à ne pas garder les malades à la maison. 

« J’appelle aussi l’attention de la population pour que toute personne suspecte soit amenée à l’hôpital. Parce que ce que nous sommes en train de vivre aujourd’hui, ça risque maintenant de propager la maladie. Les gens viennent de Bunia, les gens viennent de Bungbwalu, là, il y a beaucoup de nandes, ne vous en faites pas. Les gens viennent en cachette et ils se font soigner soit à la maison, soit dans des postes de santé. Malheureusement, ils quittent là quand ils sont déjà dans un état grabataire. Et c’est comme ça que quand on les amène à l’hôpital, généralement, ils ne font même pas une heure », a-t-il conscientisé.

Selon ce médecin, le cas non dénoncé est un danger pour le malade, ses familiers et le personnel soignant. Il conclut en demandant à la population d’enlever dans sa tête la thèse selon laquelle les agents de santé ont reçu de l’argent pour parler d’Ebola.

Stanley Muhindo

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